3
sur 5

The Legend of Zelda + A Link to the past en 3D où les pixels d’antan se voient remplacés par des cubes. Pour un pitch aussi simple, l’étonnante entreprise de From Software marche pourtant d’un pas hésitant entre parodie et pillage intégral. Voyant son beau royaume old school de Dotnia peu à peu se vider de ses touristes, le monarque de service décide d’entamer des réformes et de passer à la 3D. Bien entendu, le royaume est menacé par un émule de Ganondorf et il en incombe au héros de la légende (ok, son petits fils) de réveiller les six sages et de sauver le monde, un mythe raconté dans une version pixel art du superbe prologue de l’indépassable The Wind waker. Même conservatisme « vieille Hyrule » de gameplay, si l’épée de base montre une amplitude lolante et démesurée, pour le reste, 3D dot game heroes copie-colle rigoureusement et à tour de bras les items, leurs usages et les routines d’inventaire du gamin habillé en vert. Boomerang, bougie, grappin, arc… à utiliser dans les sept donjons qui, de leurs mécanismes jusqu’à leur noms (temple de la forêt, de l’eau, du vent…), ne dévient que rarement de la grammaire balisée des premières aventures de Link.

Des références appuyés à Dragon quest (ici des slimes, là un vendeur errant Tornico) ou à Demon’s soul (précédente et exigeante production du même studio) en passant par une gestion plus RPG de l’armement, 3D dot game heroes demeure décidément tout entier dévolue à un jeu d’écho avec l’inconscient du joueur ayant assimilé les gimmick canoniques de la saga de Nintendo. Malgré l’effet proprement inédit de son esthétique transgenre (tout au plus dérivé du traitement de la série Lego Star wars), et la fascination durable à voir se pratiquer l’inceste entre des animations en trois frames qui fleurent bon la 8bits et des effets de lumière, de dispersion de volume, d’ombre on ne peut plus next gen, le titre de From Software laisse une impression mitigé. Bien sûr, 3D dot game heroes est parsemé de clins d’œil malins et fourmille de sous-quêtes mais, à l’inverse des grand titres de la vague néo-rétro (Half-minute hero en tête), jamais il n’ose vraiment détourner les conventions auquel il rend hommage. Il reste jusqu’au bout une recréation cosmétique, agréable, surprenante mais prisonnière de son projet de pillage.

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