Cette années à Cannes, la délégation chinoise a fait son arrivée en force. Perdu au milieu de Tsui Hark et de Jackie Chan ou autres Jet Li, Gordon Chan, le réalisateur de Fist of legend et d'"Okinawa rendez-vous" est le seul à rester relativement abordable. Rencontre avec un vieux routier du cinéma HK.

Chronic'art : On parle souvent du cinéma hong-kongais comme d'une industrie...

Gordon Chan : A mes débuts, on écrivait toujours nos scénarios sur le plateau. Si on m'a laissé devenir scénariste, c'est avant tout parce que j'étais capable d'écrire vite, très vite. Quand j'arrivais sur le plateau, le réalisateur me disait : "Je veux tourner ça, écrivez moi quelque chose !". Pas le temps de se poser des questions : il fallait toute de suite savoir enclencher la vitesse supérieure.
Le plus important était de savoir donner une réelle consistance à ce qu'on écrivait, de trouver une structure pour chaque histoire. Quand j'ai fait mes débuts de scénariste dans l'industrie du cinéma honk-kongais, tout le monde se fichait de savoir si un scénario était bien construit. La pratique la plus courante à cette époque était de recycler des formules qui avaient fait leurs preuves et la plupart des scénarios étaient copiés sur d'autres films. Je faisais vraiment partie des rares à essayer d'avoir un peu d'originalité. Je n'ai jamais copié et je me suis toujours battu avec les réalisateurs pour qu'on ne recycle pas d'autres scénarios.
Ce qui m'a vraiment surpris quand je suis entré dans l'industrie du cinéma, c'était l'inorganisation des professionnels par rapport aux amateurs. Quand je faisais du théâtre, nous étions beaucoup plus organisés. Je pense que j'ai apporté cet esprit dans mon travail au cinéma, le sens de l'organisation, de la structure, du scénario, une certaine dimension humaine...

Quelle a été votre première satisfaction en tant que réalisateur ?

Tout a vraiment commencé pour moi avec Stand behind the yellow line. C'était un petit film, mais ce fut le premier succès de Leslie Cheung. Avant ce film, Leslie était vu comme un poison du box office hong-kongais. Les producteurs étaient même prêts à septupler le salaire de n'importe quel autre acteur plutôt que d'engager Leslie ! Il a fallu se battre pour la convaincre, mais on a gagné notre pari. Ce film marquait aussi les débuts de Maggie Cheung et d'Anita Mui. Nous avons eu pas mal de nominations aux Hong Kong Film Awards pour ce film, dont une pour le scénario, et Anita Mui a remporté le prix du Meilleur second rôle féminin. Un vrai bonheur ! (...)








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Cannes rendez-vous
Rencontre avec un vieux routier du cinéma HK, Gordon Chan.










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