(...) L'âge d'or

Et pourtant, à regarder de plus près, les productions des plus grands réalisateurs, tels que King Hu et Chang Cheh, sont bien loin des canons du film d'action : lenteur, scénario travaillé, film long avec exposition longue des personnages et des enjeux, travail sur l'ambiance, etc. Bref on est bien plus près des Chambaras japonais ("chambara" : film de samouraï japonais), façon méditation mystique sur le devenir humain que du kilo de bastons à gogo agrémenté de quelques litres d'hémoglobine encore chaude. Même constat côté fantastique : les éléments surnaturels ont définitivement disparu du générique. Reste tout au plus quelques oeuvres phares tels les One-armed swordsman de Chang Che ou le célèbre La Rage du tigre (1971).

Kung-Fu Master

Période noire pour le Wu Xia Pian submergé par le tsunami Bruce Lee qui bouleverse de fond en comble toute la production cinématographique hong-kongaise. Quelques essais parcimonieux pour essayer de combattre cette main mise du kung-fu sans grand succès à vrai dire. Chang Cheh transforme ses propres films en version plus "action" (voir les remakes des One-armed swordsman, de plus en plus sanglants). Ching Siu-Tung impose dans Duel to the death un rythme plus cadencé, des combats toujours originaux et spectaculaires, tout en gardant une certaine ambiance et réflexion sur la condition du combattant. Rien n'y fait. L'arrivée de Long arm of the law et Le Syndicat du crime semblent prédire une mort certaine du Wu Xia Pian, jugé comme ringard et vieillot.

Tsui Hark, la force tranquille

Si les premiers brûlots anarcho-punks sont quasiment passés inaperçus, l'intromission de Tsui Hark dans le cinéma commercial a tout lieu d'une bombe thermonucléaire. Aucun genre aussi mineur soit-il n'échappe à la sagacité du maître, passant à la moulinette les règles du Wu Xia Pian et les poussant dans leurs derniers retranchements. Les récits chevaleresques utilisent des éléments fantastiques ? Pas de problème… Au programme de Zu, les guerriers de la montagne magique : des tonnes d'effets spéciaux, un goût prononcé pour les couleurs flashy, les dialogues absurdes et les postures plus abracadabrantes que jamais, sans oublier les célèbres saut de cinq mètres et les combats aériens. Un hommage ému au Wu Xia Pian mandarin et cantonnais qui, s'il ne déchaîne pas les passions du box office, marque au moins le retour d'un genre en pleine possession de ses moyens.

Entre Superman et Dragon ball Z

La suite, tout le monde la connaît. Swordsman 2, les Histoires de fantômes chinois (ressortis dernièrement en DVD) et autres Bride with white hair s'inscrivent dans le mouvement fantastique et apportent la touche de magie (Poyé Polomi...) si dépaysante qui fera le succès des films en Occident. Reste peut-être un essai incompris du maître, lorsque Tsui Hark retourne au Wu Xia Pian plus réaliste des origines pour le peindre en noir dans The Blade, film cultissime d'une rare beauté plastique, sombre et virtuose. Le film est boudé, et il faudra attendre Tigre et dragon pour retrouver un succès public et critique (4 Oscars). En attendant la sortie prochaine de la suite de Zu prévue pour l'automne 2001 en Europe…

François Tissandier








A Hero never dies
Historique et nouvelles ambitions du cinéma hong-kongais.




Il était une fois en Chine
Implications et évolution du Wu Xia Pian.










Cannes rendez-vous
Rencontre avec un vieux routier du cinéma HK, Gordon Chan.










Sélection vidéo
Vingt titres sélectionnés par ordre chronologique, de Chang Cheh à Johnnie To.






Seuls sont les indomptés
Portrait d'un inconnu talentueux, Chang Cheh, par John Woo.
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Fist of legend


Tigre & dragon
le DVD
le film en salles


DVD Time & tide