Quels points communs entre les fesses rebondies de Cameron Diaz dansant dans les airs (Charlies Angels) et les combats épiques de "Tigre et dragon" ? Presque rien si ce n'est une certaine conception d'un cinéma antigravitationnel né il y a plus de 70 ans à Shanghai, le Wu Xia Pian. Implications et évolution.

Bien loin des combats de Matrix chorégraphiés par Yuen Woo Ping, le Wu Xia Pian (prononcez Woo Chia Pian) tire son origine des romans chevaleresques. Ici pas d'empereur à la barbe fleurie ni de quête du Graal, mais une rencontre inopinée entre éléments fantastiques (personnages sous forme d'animaux, pouvoirs magiques) et un monde médiéval en pleine mutation, souvent marqué par des guerres fratricides entre empereurs Mandchous et moines du temple de Shaolin. Soit un genre où l'on aime batailler ferme à grands coups de sabre, concurrent direct de la seconde branche du cinéma asiatique, le kung-fu.

Le début des hostilités

Milieu des années 20, Shanghai devient la place forte du cinéma chinois, témoignant d'une rare vitalité et offrant les premiers films de sabre. Tournés en mandarin, ces derniers contiennent des éléments fantastiques à l'égal des récits chevaleresques qui les fondent. Manque de chance, le changement de régime politique brise l'industrie cinématographique, n'appréciant guère cet opium du peuple un poil trop fantasque. Résultat : la production se déplace à Hong-Kong dans les années 30, mettant en place les infrastructures nécessaires au développement ultérieur.

Au delà du spectacle

Tombé en désuétude, le Wu Xia Pian fait plutôt figure de parent pauvre de la production locale : tourné en noir et blanc et en cantonnais, le genre est bien loin de soulever la liesse populaire. C'était sans compter l'arrivée inopinée de la mythique Shaw Brothers, bien décidée à renouveler le genre et à ramasser quelques subsides au passage. Les bases de l'édifice sont jetées en quelques années, le Wu Xia Pian subissant une véritable cure de jouvence. Exit les tons palots du noir et blanc, place à la couleur, au "Shawscope", et au grand spectacle ! Défi encore plus fou parfaitement réussi : remplacer le cantonais pourtant plus accessible au public local par le mandarin. Le succès ne se fait pourtant pas attendre : dès 1958, la Shaw Brothers, fort de son armée d'acteurs et de techniciens, crée un empire du 7e art. (...)








A Hero never dies
Historique et nouvelles ambitions du cinéma hong-kongais.




Il était une fois en Chine
Implications et évolution du Wu Xia Pian.










Cannes rendez-vous
Rencontre avec un vieux routier du cinéma HK, Gordon Chan.










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Tigre & dragon
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DVD Time & tide