Le 12 mai 2001, une forte délégation hong-kongaise était présente à Cannes pour une soirée de promotion. Jackie Chan, Jet Li, Tsui Hark, Andy Lau, Sammo Hung : du jamais vu pour la France. Soit la parfaite démonstration des nouvelles ambitions du cinéma de Hong Kong après une traversée du désert qui l'a laissé exsangue.

Le cinéma de Hong Kong trouve son origine dans l'opéra chinois. Ce sont effectivement ses interprètes qui se tournèrent vers le grand écran, lorsqu'au milieu du XXe siècle cet art était sur le déclin. La série d'une centaine de films sur Wong Fei Hong (héros d'Il était une fois en Chine) voit alors le jour et marque la début du succès de ce cinéma. S'en suivent plusieurs époques où les films martiaux dominent la scène hong-kongaise : Wu xia pian ("film de sabre" en cantonais), puis mandarin et films de Kung-fu avec l'arrivée de Bruce Lee. Le début des années 80 voit l'avènement de la nouvelle vague, Tsui Hark en tête. Quelques années plus tard, John Woo explose et fait du polar le nouveau genre à la mode, ce qui n'empêche pas Tsui Hark de revitaliser les films d'arts martiaux au début des années 90. Nous sommes dans la décennie phare du cinéma de Hong Kong, probablement la plus prolifique de son histoire, aussi bien en terme de quantité que de qualité.

Si l'on observe les films de cette périodes, plusieurs caractéristiques apparaissent clairement : une grosse production (jusqu'à 230 films par an) pour une majorité de petits budgets, peu d'ouverture sur l'étranger aussi bien au niveau du casting que du marché potentiel, et un certain laxisme dans les scénarii.
L'industrie hong-kongaise pouvait se permettre tout ça à l'époque… La place de cinéma était bon marché, les VCDs pas encore industriellement piratés comme aujourd'hui et les acteurs tournaient quinze films par an. C'était l'époque de la productivité maximale, avec bien sûr des navets et aux autres ersatz de films du genre. Mais aussi, et surtout, une créativité débordante.

La fin d'une époque

Puis l'édifice s'est écroulé. VCDs pirates à prix défiant toute concurrence, crise financière qui a fait trembler toute l'Asie, lassitude des films d'exploitation (comme Wong Jing qui a exploité tous les filons jusqu'à plus soif), retour de Hong Kong à la Chine, départ des stars à l'étranger... Toutes ces difficultés se conjuguent pour que le succès des films locaux chute brutalement. Les réalisations américaines règnent, la production tombe à environ 80 films en 1998. Seul Johnnie To et la Milkyway Image résistent avec quelques cinéastes indépendants (Fruit Chan pour ne citer que lui). Mais leurs films ne constituent pas vraiment des gros succès commerciaux, même s'ils acquièrent la considération des critiques. Les films d'arts martiaux sont morts, Andrew Lau lance Ekin Cheng avec son Stormriders, Cecilia Cheung devient la nouvelle chouchou de la profession. Etoiles filantes dans un ciel couvert. Le XXIe siècle débute avec plein d'incertitudes pour un cinéma à genoux. (...)








A Hero never dies
Historique et nouvelles ambitions du cinéma hong-kongais.




Il était une fois en Chine
Implications et évolution du Wu Xia Pian.










Cannes rendez-vous
Rencontre avec un vieux routier du cinéma HK, Gordon Chan.










Sélection vidéo
Vingt titres sélectionnés par ordre chronologique, de Chang Cheh à Johnnie To.






Seuls sont les indomptés
Portrait d'un inconnu talentueux, Chang Cheh, par John Woo.
Retour sommaire



Fist of legend


Tigre & dragon
le DVD
le film en salles


DVD Time & tide