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(...) Une chanson comme Pauvres riches peut être politique ?

Teki : Non, elle a une dimension sociale, pas politique. On accumule beaucoup d'informations qui nous permettent d'avoir une réflexion personnelle. Mais on n'aime pas la politique institutionnelle. On ne veut pas réfléchir à la place des gens... Moi j'ai été confronté aux services d'immigration, pour ma copine qui n'est pas française... J'aimerais bien qu'il n'y ait pas de frontières dans le monde, que ma copine ne soit pas obligée d'aller chercher sa carte de séjour tous les ans, bien sûr, mais je ne me vois pas faire une chanson là-dessus, une chanson dont la vocation serait de changer les choses, parce que je fais du rap. Ca va servir à quoi ? On n'a pas la prétention d'apporter des solutions. On n'a plus 12 ans. La meilleure manière de sensibiliser les gens, c'est sans doute de le dire de manière détournée, ce qu'on fait sans doute inconsciemment. Et pas comme un militant politisé de base, qui ne comprend pas la moitié de ce qu'il dit, qui est toujours naïf et ridicule. Les gens qui travaillent au service d'immigration n'écoutent pas de rap.

Cuizinier : Et puis il y a tellement de groupes qui essaient de dénoncer le système alors qu'ils n'y connaissent rien...

Tido : Ils se disent : "Bon, je fais du rap, le rap, c'est revendicatif, les politiques c'est pas bien, les policiers c'est pas bien, je vais parler de ça..." Nous on s'en fout de tout ça... Moi je fais de la musique pour me relaxer, pour m'amuser.

Sur scène, TTC ça donne quoi ?

Cuizinier : On est le pire groupe de scène du monde (rires).

Teki : Pour les suisses, "pire" est l'"équivalent de "meilleur" : ils ont cru qu'on se la pétait. Il y a des gens qui nous adorent sur scène, d'autres qui nous détestent. Mais on a de l'expérience : on a fait des concerts dans des villages, des villes fantômes. Ceux qui nous détestent disent : "Ils oublient leurs textes, ils font n'importe quoi, ils rappent mal, ils n'ont plus de souffle au bout de deux phrases, ils font des batailles d'eau, ils se déguisent, c'est n'importe quoi..." On s'en branle. On fait ça pour nous entre potes. On n'essaie pas de faire des chorégraphies qui font chier, avec des petites croix en rubans adhésifs par terre. On est dans l'émotion avant tout. On pleure sur scène, on crie, on vomit, on vit. En plus nos morceaux sont souvent lents et chiants. En fait, on a envie de faire chier les gens (rires).

Propos recueillis par Wilfried Paris









Présentation
Ce dossier sur le "rap français" est né du plaisir de découvrir de nouvelles têtes dans le morne paysage hip-hop en France.






Rappattitude
Marqué par des débuts sans moyens, le rap français doit sa consécration aux artistes qui l'ont fait naître.








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Rendez-vous dans un bar de Bastille avec TTC, brelan gagnant du renouveau hip-hop.




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A 27 ans, James Delleck est activiste hip-hop depuis plus de 10 ans (danseur puis MC au sein de la Horde - avec les futurs X-Men, Hi-Fi et Laddjah).




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Retour sur la brève mais déjà riche carrière du groupe de Noisy-Le-Grand, révélation hip-hop de l'année.
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