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(...) Tido : Y compris soi-même

Teki : Exactement. Ca peut aussi parler de ce qu'on était il y a deux ans, qu'on n'assume plus du tout... On condamne chez d'autres gens certains trucs qu'on a fait nous aussi par le passé. Ca nous pousse vers l'avant. En fait, l'ennemi invisible, c'est la médiocrité. Et des titres comme ça nous permettent de nous remettre en question.

Vous dites "TTC attendu : mauvais présage". Vous avez l'impression d'être attendus par le public hip-hop ?

Tido : Ca fait partie de l'égo-trip ça aussi, de la mise en valeur de notre personnage. En même temps, cette phrase est extraite du morceau Non-science, donc c'est un peu une blague sur nous...

Teki : Oui, c'est de l'écriture automatique. De l'écriture automatique remaniée, passée par plusieurs filtres. Avec beaucoup d'autodérision.

C'est étonnant d'avoir choisi ce titre pour commencer l'album. Ce n'est pas le plus évident...

Teki : On n'arrive plus à évaluer ces choses-là. On a des retours vraiment contradictoires sur l'album : certaines personnes trouvent des morceaux efficaces et accessibles que d'autres trouveront difficiles. Et d'autres sont séduits par des titres que nous on trouvait complexes et pas faciles d'accès.

Tido : On a enregistré l'album de façon à ce qu'il soit homogène, mais on n'a pas écrit en fonction d'un track-listing, d'un ordre des morceaux particulier. On a choisi ensuite. Non science était bien pour commencer l'album parce qu'il a cette petite intro, ce breakbeat qui fait bien rentrer dans l'album.

Teki : Et c'est aussi un morceau qui nous représente bien, comme un concentré de tout ce que propose l'album ensuite. Un peu comme une bande-annonce, des bribes de ce qui attend l'auditeur. On en donne un petit peu mais pas trop. Et surtout des scènes d'actions (rires). Des images qui frappent. Comme "concours de pyjamas mental" : quand j'étais petit et que j'allais en colonies de vacances, sur la liste des affaires à emporter, il y avait écrit "Amenez votre plus beau pyjama, parce qu'il y aura un concours de pyjamas". Alors j'ai mis dans mon sac mon plus beau pyjama. J'avais six ans, c'était la première fois que je quittais mes parents pendant plus d'un jour, je pleurais tous les jours, je ne pouvais pas dormir sans la lumière allumée dans la chambre, je demandais aux moniteurs de m'aider à écrire des lettres à mes parents pour qu'ils me fassent rentrer à la maison... Et le jour du concours de pyjamas arrivé, je n'étais pas au courant et je n'ai pas mis le bon pyjama. Et j'ai perdu. Je l'ai très mal vécu, alors depuis, mon rap est un concours de pyjama mental constant avec les MCs. Mon but est d'être le meilleur et de déstabiliser l'adversaire. Et qu'est-ce qu'il y a de mieux qu'un concours de pyjamas mental pour déstabiliser l'adversaire ? Parce que je veux qu'ils soient tous dans ma peau quand j'avais six ans et qu'ils pleurent parce qu'ils n'ont pas mis le bon pyjama. Voilà, ça c'est Non science (rires). Je peux expliquer toutes les phases de Non Science comme ça. "Le poil des abeilles / Le parfum des algues mortes" renvoie à mes vacances à Dinard quand j'étais enfant. On m'avait dit : "Ne va pas sur la route là-bas, il y a des abeilles poilues, grosses comme des oiseaux, qui ont des grosses trompes et qui rentrent dans tes oreilles". D'où "le poil des abeilles"... En fait, ce n'était pas des abeilles mais des papillons de nuit, qui volent autour des oreilles des gens et qui par mimétisme naturel ont des poils de colibri et des énormes trompes (rires). Et on m'avait dit aussi : "Ne va pas sur les rochers, il y a des algues dont l'odeur attire des insectes horribles". J'ai très peur des insectes... (...)

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Présentation
Ce dossier sur le "rap français" est né du plaisir de découvrir de nouvelles têtes dans le morne paysage hip-hop en France.






Rappattitude
Marqué par des débuts sans moyens, le rap français doit sa consécration aux artistes qui l'ont fait naître.








Ceci n'est pas du rap français
Rendez-vous dans un bar de Bastille avec TTC, brelan gagnant du renouveau hip-hop.




Delleck, c'est qui ?
A 27 ans, James Delleck est activiste hip-hop depuis plus de 10 ans (danseur puis MC au sein de la Horde - avec les futurs X-Men, Hi-Fi et Laddjah).




Ultime rap
Retour sur la brève mais déjà riche carrière du groupe de Noisy-Le-Grand, révélation hip-hop de l'année.
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