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(...) Alors que pour la majorité du public, c'est à MC Solaar que le rap doit ses lettres de noblesse (personne ne s'est apparemment rendu compte du caractère affligeant et démagogue de la poésie de MC Solaar), il est nécessaire de constater que des collectifs comme Les Sages Poètes de La Rue, par exemple, ont, après NTM et IAM, renforcé le lien qui unit cet art à son lieu de provenance : la rue. Qu'est-ce qui fait courir les sages (maxi) ou Jusqu'à l'amour (double album) imposent le collectif de Boulogne (et leur structure désormais disparue, Beat de Boul.) comme une des valeurs sûres et éminemment respectables d'un hip-hop jeune et mature. Zoxea est l'élément phare des Sages po ; signé en 1999 par Kool Shen, son premier album solo, A mon tour d'briller, est sans aucun doute un des meilleurs albums de la fin des années 90. Il ne faudrait pas non plus oublier un jeune rappeur comme Busta Flex - lui aussi pris en main par le Suprême -dont l'identité s'est construite, depuis pas mal d'années, sur le freestyle en sound system. Comme Zoxea.

Ideal J, La Cliqua, Timide et sans complexe, TSN appartiennent à cette sorte de second départ du hip-hop. Des débuts oscillant vers la fin des années 80 ont conduit ces collectifs, pratiquement tous dissous, à sortir très tôt leurs premiers morceaux. Le Noble art, premier album solo de Daddy Lord C (de La Cliqua et génial auteur, auparavant, du single Suzy), a paru dans l'indifférence générale malgré sa très grande qualité sonore et textuelle. Si bon nombre de ces rappeurs n'ont pas su trouver leur succès de vente, c'est sans doute parce qu'ils se sont situés vers le milieu des années 90, à un moment important de la réception du rap en France : seuls des groupes archi-connus, signés par des majors, s'attiraient à l'époque les bonnes grâces de l'ouverture de la FM. Il a fallu ensuite que ces groupes produisent et fassent connaître leurs poulains pour que la porte s'entrebâille de plus en plus et laisse tout passer. La Fonky Familly n'a bien évidemment rien à voir avec Def Bond. Seulement les deux sont également passés en boucle sur les ondes et viennent de la même maison mère : IAM.

Parallèlement, l'apogée du rap a conduit de nombreux groupes à sortir de l'emprise d'une maison de disques en s'assumant eux-mêmes. Si de nombreuses entités auto-produites (Time Bomb, par exemple, voire les Refrés) s'avèrent sérieuses et de qualité, la majorité d'entre elles sombre vite dans la petite entreprise fumeuse et dénuée de la moindre envergure artistique. Leur seul prétexte reste un "underground" dont ils ne savent d'ailleurs pas grand-chose. Aujourd'hui, à côté de la floraison des jeunes pousses qui pourrait renouveler le rap français, on notera les deux expériences intéressantes -et ô combien différentes- que mènent Kerry James (ex Ideal J.) et B.O.S.S. Cette dernière structure de production, composée de 27 membres actifs, comprend un certain Joey Starr...

Michel Boutture









Présentation
Ce dossier sur le "rap français" est né du plaisir de découvrir de nouvelles têtes dans le morne paysage hip-hop en France.






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Marqué par des débuts sans moyens, le rap français doit sa consécration aux artistes qui l'ont fait naître.








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Rendez-vous dans un bar de Bastille avec TTC, brelan gagnant du renouveau hip-hop.




Delleck, c'est qui ?
A 27 ans, James Delleck est activiste hip-hop depuis plus de 10 ans (danseur puis MC au sein de la Horde - avec les futurs X-Men, Hi-Fi et Laddjah).




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Retour sur la brève mais déjà riche carrière du groupe de Noisy-Le-Grand, révélation hip-hop de l'année.
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