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(...) Le profil et la surface mêmes du rap en France, c'est-à-dire celui qui est diffusé, t'encourage à l'apprécier et à le juger en tant que rap français. Un bien mauvais service à lui rendre, qui équivaut à le tirer vers le bas (mais pas jusqu'à l'underground). Car qu'y a-t-il en bas ? De la bonne volonté... mais peu de créativité et de talent. Paradoxal, le particularisme du rap français ne lui confère aucune identité, faute de guides, faute d'étoiles, si ce ne sont celles des US, dont les dimensions gigantesques de ventes et d'impact idéologique -oui- sont en décalage total avec la taille, l'organisation sociale, bref la réalité en France. C'est en se projetant sur un modèle qui ne peut lui convenir sans l'avoir, au préalable, digéré et réinterprété en profondeur, que le rap français est tellement et bien souvent uniforme. Car il faut déjà bien comprendre un modèle pour pouvoir s'en inspirer et surtout, s'en démarquer. Le rap français serait comme une aire relativement indistincte, dénuée d'idéologie et de colonne vertébrale. Son fascisme, s'il existe, est un fascisme par défaut, par manque d'identité. Ce qui est pire que tout puisque diffus et inconscient. Il n'est qu'à voir le succès du 113 pour se rendre compte à quel point le public, en fait, est preneur du moindre éclat de nouveauté. Les Princes de la ville n'était pas une révolution sonore incroyable, mais un sample aussi énorme de Planet rock dans le premier single du 113, Hold up, (Mehdi aux manettes) et le succès en terme de ventes qui a suivi, démontre à quel point l'uniformisation du sample gave en fait tout le monde.

Alors pourquoi cette apathie ? Elle peut évoquer celle qui peut aussi bien toucher le métier de journaliste. L'inertie, la paresse, une forme d'asthénie même, capitalisée par le fait que les rapports entre création, marketing et médias soit aussi peu sains. En gros, aux US, le marketing est une loi intégrée par beaucoup de groupes, le business du hip-hop est particulièrement acéré, cela se sait, génère des batailles rangées entre clans. Tous -Puff Daddy, Jay Z, Snoop, Mary J Blige, Missy Elliott & Timbaland, The Neptunes, le Wu Tang, Necro, Elp de Company Flow...- dans des registres très différents, créent leur label, lancent leurs artistes, sont en compétition permanente, veulent leur part du gâteau. Ils le disent et agissent en ce sens. Les choses sont claires et la compétition alimente la création. En France, la compétition existe, mais elle gronde plus qu'elle ne règne, car les rappeurs et les producteurs ont du mal à prendre leur destin en main. Comme le dit Rocé à propos des programmateurs de Skyrock, NRJ... "Ils contrôlent le rap en temps que ex-rockers, et quand ça passera à autre chose à leur place y'aura des ex-rappeurs". Par manque d'esprit d'entreprise et de conviction, les rappeurs alimentent un système dont ils sont tributaires, mettant ainsi à sac la vitalité qui est le mode d'expression du rap, ce qui le différencierait des ronrons de la variété. Il en résulte en général un climat délétère qui menace d'atteindre toutes les aires de la création. Il est rare de lire dans un papier de vraies joutes entre DJ's, de vraies discussions, qui relèvent d'une démarche réfléchie. Si ce ne sont Akhenaton, Kery James et DJ Mehdi principalement (et peut être Rocé demain...), rares sont les personnes qui apparaissent publiquement dans ce que le rap en France comporte de plus lumineux. Il est à noter aussi que ces dits artistes sont imprégnés de la culture US et que, à la façon des producteurs hip-hop que chacun s'arrache là-bas, ils visent d'abord à créer ce qui n'existe pas. (...)

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Présentation
Ce dossier sur le "rap français" est né du plaisir de découvrir de nouvelles têtes dans le morne paysage hip-hop en France.






Rappattitude
Marqué par des débuts sans moyens, le rap français doit sa consécration aux artistes qui l'ont fait naître.








Ceci n'est pas du rap français
Rendez-vous dans un bar de Bastille avec TTC, brelan gagnant du renouveau hip-hop.




Delleck, c'est qui ?
A 27 ans, James Delleck est activiste hip-hop depuis plus de 10 ans (danseur puis MC au sein de la Horde - avec les futurs X-Men, Hi-Fi et Laddjah).




Ultime rap
Retour sur la brève mais déjà riche carrière du groupe de Noisy-Le-Grand, révélation hip-hop de l'année.
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TTC
Ceci n'est pas un disque



James Delleck
Acouphène



La Caution
Asphalte hurlante


La Rumeur
L'Ombre sur la mesure
DJ Mehdi
(The Story of) Espion
Rocé
Top départ
113
113 fout la merde
La Casa del Phonky
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DJ Mehdi
Rocé