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[Mardi 30 novembre 2010]
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"Chronic'art" est un programme. Comme tous les programmes, parfois c'est défaillant, ça coince, ça bug (manifestation d'une anomalie de fonctionnement). Disons que la machine qui pense (comme vous) fatigue, ça arrive. Dans ce cas, on se retrousse les manches et on remet la main dans le code. C'est salissant, usant, compliqué, mais il fallait bien cet upgrade pour que les utilisateurs s'y retrouvent avec le programme. Que l'on se rassure, le code source, le langage et l'algorithme restent identiques, inchangés ; les variations, les modifications sont ici purement ergonomiques, pour un maximum de confort, de sécurité et d'efficacité. Alors voici la Nouvelle Version ("version gold", comme on dit, ou le "patch" qu'il vous faut) de Chronic'art, qui n'a, n'est et ne sera plus jamais une "formule". Parce qu'il n'existe plus aucune "formule", sinon des mauvaises à l'attention de lecteurs programmés. Pas vous, naturellement ; mais suivez bien les instructions et n'oubliez pas de toujours caresser la machine dans le sens du poil. Voir le sommaire du numéro. Ou abonnez-vous.
Chronic'art #69 - novembre / décembre 2010
En kiosque - 5,90 euros
Women : Le premier album de Women ("Flemish eye / Can") a été enregistré en quatre mois sur des ghetto blasters et autres vieux enregistreurs et est sorti en 2008. On y trouve des touches rappelant le Velvet Underground, Swell Maps ou This Heat, même s’ils n’ont pas vraiment d’influence. Le groupe vient de sortir cette année Public Strain. Les quatre musiciens, qui se connaissent depuis l’enfance, marient très naturellement dans leurs mélodies des sonorités noises expérimentales et des instrumentations complexes. Alba Lua, signé sur le label Satellite Of Love a sorti un premier EP en juin 2010. Ce trio psyché folk est excellent à découvrir en live.
20h00 au Point Ephémère
Quai de Valmy - Paris 10e
L’expérience "The Host and the cloud" est une situation réelle, elle s’est déroulée dans un musée fermé situé au fond d’un parc d’attraction. Elle a été conçue pour un petit groupe d’acteurs placé sous certaines conditions, faisant face à différentes influences qu’ils pouvaient librement altérer et métaboliser. Alors que ce rituel se déploie, nous suivons la formation et l’apparition d’une pensée. Les rôles et les comportements des acteurs, ici, personnel du musée, changent au fur et à mesure de leur rencontre et exposition avec la collection des dispositifs, des situations et des fragments de récits hétérogènes. Désormais dans le conte du présent, le sujet n’est plus le protagoniste. La collection de ses personnages imaginaires, leurs configurations changeantes, réelles ou fictionnelles forment la situation qui l’a progressivement remplacé. "The Host and the cloud" est un conte, un voyage dans l’esprit d’un sujet absent. Les acteurs sont les différent aspects de cet esprit; la situation live, son mouvement et le personnage fictionnel qui apparait, l’alter ego, l’actualité dans le paysage mental de ce sujet absent. Halloween, (31 octobre 2009) : "La plupart des situations convoquaient à la fois l’enfance et le fantastique […] mais aussi des configurations de pouvoir. [...] Soit des situations performatives, représentées mais pas toujours simulées. […] La tradition d’Halloween, dans laquelle les enfants frappent aux portes et font circuler un mythe de conjuration de l’errance et de la mort, était inversée : des adultes parcouraient un musée envahi par des spectres de l’actualité, de l’histoire ou du mythe, et dont le personnel fictif se prêtait à différents niveaux de représentations de la vie et de l’art". Saint-Valentin, (14 février 2010) : "Les mêmes acteurs incarnaient le personnel du musée ou ces personnages masqués, tous occupés à disperser les niveaux multiples de la fiction dans le lieu. [...] Puis une très jeune fille s’est avancée dans le hall et a évoqué ses premières émotions amoureuses […], les histoires ont cessé et le protocole de la représentation s’est rétréci autour […] de gestes amoureux. La projection d’ombre a repris, la répétition devint concert, tandis qu’une fête quelque peu orgiaque démarrait dans les sous-sols. La dissolution à l’œuvre dans les coulisses souterraines renvoyait chacun à sa propre scène intérieure". Fête du travail, (1er mai 2010) : Huyghe a choisi de conclure ces expériences live le jour de la fête du travail, où traditionnellement l’activité suspend son cours. Un jour à forte valeur politique et sociale historiquement placé sous le signe du ralliement et mêlant toujours à son actualité fluctuante, une dimension mémorielle. "Le lieu ludique devient le lieu politique. La révolution de Huyghe se présente toujours à petite échelle. Il s’agit de prendre le terrain de jeu comme champ de bataille, pour changer ensuite les règles du jeu". Le temps de montage relativement court que s’est imposé Pierre Huyghe participe de cette expérience qui compose avec la hâte, l’arbitraire, jouant le jeu d’une forme d’écriture automatique de ce qui semble résister au récit et au rationnel. "Il y a là probablement la matière à une œuvre entière, comme si justement Huyghe avait voulu produire pour lui-même un matériau complexe dans lequel puiser ensuite. Un matériau extrait de zones inexplorées de son art comme de l’art de ses confères, [...]. Inutile de chercher à qualifier ce que Huyghe a sans doute souhaité inqualifiable". En écho à "The Host and the cloud", deux nouvelles oeuvres seront présentées, un masque, objet luminescent. Plus d'infos ici.
11h00-19h00 à la Galerie Marian Goodman
79, rue Du Temple - Paris 3e
"Usbek & Rica", c’est une nouvelle aventure intellectuelle, indépendante et collective. Autrement dit, c’est un magazine. Ou peut-être un livre ? Serait-ce plutôt une BD ? En fait, c’est tout ça à la fois. C’est un produit de presse d’un nouveau genre, trimestriel, de 200 pages. On analyse le présent et on explore le futur. Tout ça pour interroger la notion de progrès. On prend de la hauteur sur l’actualité pour s’intéresser de près aux révolutions géopolitique, climatique, technologique, culturelle et de société. Avec une écriture métisse, colorée par l’approche journalistique (pertinence), le monde de la recherche (rigueur) et la création littéraire (imagination). Avec enthousiasme et optimisme. "Usbek & Rica", c’est distribué en librairies : grandes surfaces culturelles (FNAC, Virgin, Cultura, etc.), belles librairies indépendantes, Relay et Maisons de la Presse au rayon livres. C’est 15 euros... sans pub !
Usbek & Rica #3 - 15 euros
Voir le site de la revue : www.usbek-et-rica.fr