require("../include/config.inf"); require("../chronicpub/view.inc.php3"); require("../include/connect.inc"); require("../include/lib.inc"); require("../include/suscribe.inc"); ?>
![]() | ![]() | ||||||||||||||||
![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ||||||||||||||
![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | |||||||||||
![]() ![]()
| ![]() | ![]() ![]()
La période narrative Au fil des ans, entre impudeur et sublimation, Garrel, après sa rupture avec Nico, observe un travail cathartique de longue haleine. Après quelques années à errer ici et là, 1982 sonne le glas d'une crise qui l'avait mené à l'hermétisme de deux films invisibles à ce jour, Le Bleu des origines et Voyage au jardin des morts. Naît alors L'enfant secret qui, lui, respire sans entrave. Retraçant les tortures que subit Garrel en hôpitaux psychiatriques, il condense la somme des expériences de son auteur et débouche sur un cinéma aux multiples fulgurances. Un an plus tard, Liberté la nuit, son premier grand film de fiction politique, coïncide avec le retour de son comédien de père en tant que personnage et confirme cette impression. Sur fond de guerre d'Algérie, le film laisse étonnamment filtrer un désir nouveau : celui du romanesque. Ce désir trouve bien évidemment son accomplissement en Jean-Pierre Léaud, un médium dont la candeur et la spontanéité meut Rue Fontaine, vers le sublime. Garrel y officie comme "metteur en scène dans le champ", statut et concept qu'il est un des premiers à avoir institué. Il s'attribue enfin un vrai rôle, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 1972 et La Cicatrice intérieure, film mythique, construit sur un grand travelling circulaire au beau milieu d'un désert de glace. Conçu à partir de cinq rêves mêlés, Elle a passé tant d'heures sous les sunlights, s'érige quant à lui comme une véritable élégie du cinéma et s'impose comme le chef d'oeuvre de Garrel. Puissant et oecuménique, oscillant entre documentaire et fiction autobiographique, Les Sunlights provoque départs impromptus et rebroussements de sièges tant par son étirement que par ses multiples digressions. Assis sur un banc, Lou Castel, merveilleux dans son improvisation, et Mireille Perrier, d'une indicible beauté, échangent quelques regards qui suffisent à disséminer au sunlight une lumière diffuse et évanescente que Garrel retrouve aujourd'hui avec Sauvage innocence. De prime abord narratif, le film se délite et abandonne sa chrysalide pour dévoiler le dispositif d'un cinéma brut et sans artifice. Organique et syncopé, il halète par le biais de brutales coupures, fondus aux blancs et autres cartons empruntés au cinéma muet. Trous d'airs, imprévisibles nivellements, les plans fixes sont plus appuyés que par le passé, et renferment une métaphysique toute Garrelienne, alternance d'immobilité et d'éblouissants mouvements de caméra. En pleine abréaction, Garrel semble ici se libérer sous nos yeux de l'emprise de la déesse berlinoise. Ainsi rendu à lui-même, il vole alors un baiser à Mireille Perrier avouant ses sentiments face caméra. Toujours dans cette même optique, Les Ministères de l'art, film à la mémoire de son ami Jean Eustache et destiné à la télévision constitue une courte pause dans cette période narrative. Garrel défriche le travail, les interrogations, les moyens d'expression des auteurs. Eustache, Doillon, Ackerman, tous se prêtent au jeu organisé par le cinéaste, ici, rassembleur et père de famille. Cette paternité lui offre d'ailleurs une virginité retrouvée. Sous le signe de cette virginité, Les Baisers de secours, co-écrit avec Marc Cholodenko, marque un tournant dans sa filmographie. Son fils Louis (Acteur principal dans Ceci est mon corps de Rodolphe Marconi) y apparaît en bonne place et Philippe réussit à faire surgir l'universel dans le filmage de sa vie intime. Les années 90 J'entends plus la guitare, incarnation saisissante de la souffrance nue, narre le long chemin de croix jusqu'à l'annonce de la mort de Nico. Il s'inscrit dans la droite lignée des Baiser de secours et offre à Benoît Régent un rôle à la mesure de son talent. Deux ans plus tard, Garrel revient en haut de l'affiche avec La Naissance de l'amour. Film contant la fuite des pères à la faveur d'un sublime noir et blanc, Lou Castel et Jean Pierre Léaud y font un numéro de haut vol, et tiennent le film à bout de bras. C'est alors qu'on déchante. La solitude suinte à travers la pellicule, Coeur Fantôme et Le Vent de la nuit font se côtoyer sans succès ancienne et nouvelle génération, Aurélia Alcais et Luis Rego pour le premier cité, Xavier Beauvois et Catherine Deneuve pour le second. Sans parvenir à emprunter de nouvelles voies, Garrel s'enferre dans un naturalisme malheureux, accumule les tics et avorte ainsi du meilleur de ces films. Sauvage innocence, sonne ainsi l'heure des retrouvailles avec l'esthétisme des débuts. Sans tomber dans la complaisance, il renoue avec la nouvelle vague avec Raoul Coutard aux images et Michel Subor en suppôt de Satan. Signe de bonne santé, Garrel pratique même une ironie mordante sur sa propre histoire, faisant rejouer des scènes clés de ses films par Julia Faure et Mehdi Belhaj Kacem. Ce dernier capte la lumière avec une outrageante facilité et représente de manière bien flatteuse la Garrel des années 70. Ainsi entouré, Garrel connaît quelques moments de grâce renvoyant au meilleur des Sunlights et laisse ainsi espérer de nouvelles flamboyances... Philippe Beer-Gabel Sauvage innocence (2001) | ![]() | ![]() ![]()
![]()
![]()
| ![]() | ![]() | |||||||||||