FILMOGRAPHIE COMMENTÉE DE PHILIPPE GARREL

Nouvel opus de l'enfant prodige du cinéma français, Sauvage innocence se voit consacré de toute part, recueillant critiques élogieuses et articles dithyrambiques. Retour sur le parcours et la singulière filmographie de Philippe Garrel, auteur culte refusant toutes compromissions avec la société des monstres et des adultes sans passion.

"Ce n'est pas la peine de parler des quelques milliards de gens qui sont sur terre, puisqu'après tout il n'y a qu'un homme et qu'une femme, donc des éléments complètement épurés."
"Cerclé sous vide : entretien avec Philippe Garrel", "Cahiers du cinéma" n°204, septembre 1968

Naissance d'un auteur

Artiste maudit, éternel homme-enfant en quête d'amour et d'absolu(tion), Philippe Garrel flirte avec le cinéma depuis près de 30 ans, jusqu'à en devenir une figure mythique, au même titre que son ami Jean Eustache. Il embrasse une brillante carrière de monteur puis réalise très vite pour l'O.R.T.F : Mouton rouge, Zoom, 16 millions de jeunes, émissions prospectives, en avance sur leur temps, premières passes d'armes d'un auteur en devenir. Entretenant des liens ténus avec la peinture et la Nouvelle Vague (notamment avec Godard), "l'enfant prodigue" tourne coup sur coup Les Enfants désaccordés, Droit de visite, Anémone, trois films sous l'égide de Maurice Garrel, figure emblématique et père protecteur à qui il doit tout. Son film suivant, l'anarchiste et intellectualisant Marie pour Mémoire, (film qui reçut le prix du festival d'Hyères dans un incroyable tumulte) lui permet d'échapper au service militaire peu avant les évènements de mai 68. Bien que profondément pacifiste, Garrel laisse poindre, deux ans plus tard, une inhabituelle férocité à l'égard de ses contemporains dans Le Lit de la vierge, avec un "Christ-graffiti" en la personne de Pierre Clémenti.

Cette férocité se retrouve sur le plateau même où Garrel travaille à l'instinct. Postulat de départ : une seule prise afin de faire dé-jouer les acteurs et les immerger dans l'événement. Résultat : 72 heures de tournage non-stop pour La Concentration, à peine une semaine dans la forêt noire pour Le Révélateur, 26 jours pour J'entends plus la guitare. Cette apparente facilité ne le préserve pas d'innombrables problèmes de productions auxquels il se trouve parfois en but, comme sur Elle a passé tant d'heure sous les sunlights, ni ne le prémunie de quelques ratages (Coeur fantôme).

Paranoïaque, capable de prendre en otage ses acteurs (Zouzou embarquée dans une voiture en partance pour le Maroc…) comme de couper Athanor de près d'1h40, Philippe Garrel intrigue par cette folie pleinement assumée. Le regard vide, il répète les mêmes gestes avec une application d'artisan, une humanité rare ; celle d'un homme qui ne s'éloigne jamais bien loin des origines. Liturgie cinématographique d'êtres en souffrances, l'oeuvre de Garrel célèbre morts et vivants et semble intemporelle, en perpétuelle sustentation, en proie à la fragilité de la pellicule. (...)









De l'intime à l'universel
hilippe Garrel, monstre interlope du cinéma français, a traversé les années sans se démarquer de sa ligne dure. Filmo commentée et parcours d'un électron libre.






Sauvage innocence
Pour l'écrivain Mehdi Belhaj Kacem, l'expérience filmique du film de Garrel a été le théâtre d'inspiration de son nouveau livre. En direct du tournage, un texte de MBK.






Naissance d'une héroïne
Révélation féminine de "Sauvage innocence", Julia Faure impose sa présence dans l'univers métal du film. Rencontre avec l'actrice.
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Sauvage innocence


Essence n de l'amour



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