NO FUTURE

A Brighton, Christian Vogel, Jamie Lidell, Si Begg et leurs petits camarades bousculent les musiques établies au sein du collectif No Future.

Depuis 1996, les douces plages de Brighton tremblent. Dans la ville des stars, plus personne n'ose sortir la nuit, même pas Fat Boy Slim dans sa Big Beat Boutique. Responsable : No Future, armée de jeune dégénérés emmenée par un gringalet nommé Christian Vogel. No Future est une plate-forme d'activistes qui n'entendent qu'une chose : les musiques différentes. Un rassemblement d'artistes qui ne trouvent que rarement écho dans une Angleterre où les modes défilent... sans les prendre à leur bord. Une organisation reposant sur des bases égalitaires, destinée à la promotion, au management ou à l'organisation de soirées pour ses musiciens maudits au Royaume de sa Majesté. "L'idée de base est d'être autonome, de nous aérer en s'inscrivant dans un fonctionnement différent de tout ce bordel lié à l'industrie du disque de merde" (Christian Vogel)

La ligne conductrice de No Future, c'est Christian Vogel. A lui seul, il rassemble les pôles musicaux de l'organisation. La techno en premier lieu, quand cet anglais d'origine chilienne créait en 1995 son label Mosquito (après avoir sorti deux maxis sur Ferox et un premier album sur Mille Plateaux). Une techno minimale et enragée, aux constructions schizophrènes et inattendues, qui peut ravager les dance-floors ou les vider, il n'y a pas de demi-mesure. Passent par cette "école" No Future des producteurs locaux ou amis écossais. Il y a ainsi Justin Berkovi (boss du label Predicaments), Ibrahim Alfa (boss du label Automatic), Tobias Schmidt (autre emblème d'une techno trash avec son label Sativae) ou Neil Landstrumm (boss de Scandinavia).

L'autre versant musical de No Furure pousse à l'extrême les dérangements sonores, laisse la techno pour des expérimentations bruitistes. Christian Vogel en premier lieu (ses albums Specific moment sur Mille Plateaux ou, plus accessible, Rescate 137 sur Novamute). On retrouve ainsi son ami Jamie Lidell (avec qui il amènera son projet le plus populaire Super_Collider), récemment signé sur Warp, ou l'autre axe principal de ce mouvement : Si Begg. Comme Christian Vogel, l'anglais fait défiler les genres et les labels, de N-Tone à Force-Inc en passant par la case Tresor, d'une techno dérangée à des bleeps déglingués, jusqu'à son dernier projet sur Leaf, qu'il qualifie fièrement d' "organisation de disques la plus stupide au monde" (The Complete death of cool sous le pseudo Noodles). No Future reste principalement basé sur lui, Christian Vogel et Jamie Lidell. Les autres artistes ne font souvent que passer, bénéficiant ainsi d'une rampe de lancement un brin tordue, mais somme toute efficace.

La dernière trouvaille du collectif fou? Le projet Trurl + Klaupacius et l'album Sing sweet software, complètement barré, évidemment.

Damien Almira

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