INTERNATIONAL DJ GIGOLO

Depuis cinq ans, le label International DJ Gigolo impose un son original, entre electro, techno, revival années 80, le tout imprégné d'un second degré salvateur. Son fondateur, Helmut Geier, est connu depuis le début des années 90 pour ses mixs et productions sous le nom DJ Hell. Dès son premier titre, en 1992, il amène un classique de la première période techno européenne : My definition of house music chez les belges R&S. Très vite, ses productions se durcissent, sombres et incisives, une techno imprégnée de la fureur punk qui anima son adolescence. DJ Hell trouve refuge sur le label Disko B (jusqu'alors Disko Bombs, sous label de la structure punk montée par le magasin munichois Optimal Records, où Hell achetait ses disques punk!). Il amène dès lors des classiques tels Motherfunk ou Totmacher, se fait remixé par Dave Clarke et Jeff Mills (fait rarissime).

Le munichois lance International DJ Gigolo en 1996, pour soutenir des artistes bien particuliers, des artistes techno, mais imprégnés d'humour et de fantaisies rétro et électro. La pemière signature sera française, avec deux quasi inconnus : le toulousain Dj Naughty et le marseillais David Carretta (qui y signera plus tard son premier album Le Catalogue électronique). La deuxième sortie part à l'opposé, avec un maxi de Jeff Mills qui confie des titres house dormant dans ses fonds de tiroir. Le ton est donné, on est d'abord là pour trouver de l'originalité, pas question de faire comme les autres.

Le label embarque à son bord une cohorte de nouveaux producteurs (Zombie Nation, Chris Korda, Anthony Shakir ou récemment Plastique de Rêve), laisse carte blanche pour des comptines années 80 déjantées (les français The Hacker & Miss Kittin ou l'anglais DMX Crew), autorise des variations techno plus mouvementées (le lillois Terrence Fixmer, qui prépare son premier album), amène au passage des tubes inattendus (le Moonraker des new-yorkais Foremost Poets), et permet à des artistes "établis" de venir s'y amuser (l'anglais Dave Clarke et le tube techno Compass, Richard Bartz ou Johannes Heil sous le pseudo The Trinity) Hell se permettra même une exclusivité de taille, en convaincant l'étrange combo electro Dopplereffekt de sortir de sa cachette de Détroit pour sortir une compilation qui, oh luxe, sera même disponible en cd (Gesamtkunstwerk).

De son côté, Hell se produit plus rarement sur son label, en solo ou avec Richard Bartz. Il sort en 1998 son second album Munich machine (allusion au morceau de Giorgio Moroder) sur la major de Charles Branson, V2. Un bon disque où DJ Hell affiche à son tour son obsession pour les années 80, pastiche Moroder et Donna Summer, et affiche au passage sa connexion avec les Chicks On Speed (le morceau This is for you). L'aventure major s'arrêtera là, pour "incompatibilité artistique".

Tant mieux ou peu importe, car à bientôt 40 ans (en 2002!) DJ Hell peut se vanter d'avoir allié humour et qualité de production. Un succès dont même Arnold Schwarzenegger, égérie du label, a eu vent, obligeant dès lors le label à enlever son image du logo. Tout ça par la faute même de DJ Hell, qui eut le malheur d'ironiser dans un magazine autrichien que le vrai boss caché d'International DJ Gigolo était l'acteur hollywoodien "Arnold est le boss. C'est son label, je suis juste son porte-parole". On versera une larme, le label vient de perdre son premier gigolo...

Damien Almira

Le site du label, ici, et celui de DJ Hell, par
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