Chronic'art : Quand as-tu commencé ton label Angelika Koehlermann ?
Gerhard Potuznick : Il y a deux ans, je faisais de la musique avec des amis dans un groupe quand, par accident, je me suis trouvé en contact avec Sam & Valley, deux gars de Tokyo qui avaient fait un album sur Rephlex que j'aimais beaucoup. On leur a envoyé un mail et ils nous ont renvoyé une démo qu'on a trouvé super. On s'est dit "Trouvons un nom de label étrange et sortons un disque". Ce n'était pas un vrai label professionnel au départ, c'était prévu pour une seule référence, mais on a trouvé amusant de faire ça et on a continué. Maintenant on a 9 références.
Comment avez-vous choisi ce nom ?
C'est une idée d'Alex. On cherchait un nom un peu atypique pour notre label. On ne voulait pas d'un "ceci records" ou "cela disc". On s'est dit alors qu'on allait donner au label un nom de fille, comme Kathy Records ou Annie Records. Mais au même moment, K Records aux Etats-Unis a lancé plusieurs sous divisions avec des noms de filles, et donc on ne pouvait plus utiliser cette idée. Alors Alex est arrivé avec cette idée de nom, Angelika Koehlermann, qui est un nom complètement a-spectaculaire, un nom très commun en Allemagne. Tout le monde s'appelle Koehermann.
Comment as-tu signé Anne Laplantine ?
C'est elle qui nous a envoyé une démo. Il y a notre adresse sur les pochettes des disques. Sa démo nous a plu et on a décidé de sortir le disque. C'est ce qu'on avait envie de faire sur le label : des musiques enregistrées chez soi, avec peu de matériel, un peu bancales, un peu fragiles. Ca me rappelait ce que je faisais quand j'ai commencé à faire de la musique moi-même : j'enregistrais mes petits morceaux sur un quatre pistes. Tous les labels ne signeraient pas ce genre de projets, mais nous, ça nous plaisait.
Est-ce que tu réfléchis à une identité particulière pour ton label ?
C'est difficile à dire. Au début, on voulait représenter des artistes japonais, parce que nous aimions la musique de ce pays. Mais ça ne marchait pas trop. Alors on forçait les gens à prendre des noms japonais, comme Michiko Kusaki pour Anne Laplantine. Maintenant nous sortons des artistes de partout dans le monde. Le label serait peut-être une plate forme pour de premières expériences discographique, je ne sais pas. Nous voulions aussi sortir des artistes faisant de véritables chansons, et pas seulement de l'électronique.
Te sens-tu faire partie d'une scène européenne ?
Peut-être. Mais je ne me réfère pas à la géographie pour savoir si une musique est bonne ou non. C'est vrai qu'on a des contacts avec des artistes et des labels européens, mais c'est une petite communauté, qui va partout dans le monde. Par contre, en tant que musicien, je suis influencé par la musique européenne, surtout anglaise, des années 80, même si maintenant j'en ai un peu marre de cette musique. C'était marrant il y a quelques années, mais maintenant j'ai envie de faire autre chose, peut-être un sequel de Concorde l'année prochaine. Désormais, je produis plus que je ne fais de musique moi-même. Je travaille avec les Chicks on speed, et j'ai un projet avec un ami, de r'n'b, de la musique populaire pour les pauvres (rires). C'est marrant que tu me poses cette question, parce que j'ai eu récemment l'idée d'un nouveau projet electro, qui s'appellerait Eurotronics...
Tu me permets d'utiliser ce terme pour mon dossier ?
Oui, sans problème. Je crois que c'est un joli nom.
Propos recueillis par Wilfried Paris