FAT CAT
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INTERVIEW DAVE HOWELL
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Dave Howell travaille pour Fat cat, petit label devenu gros grâce au succès des islandais de Sigur Ros. Depuis 1996, des choix éclectiques (donc pas seulement électroniques) et exigeants définissent un label discret et aux idées intrigantes (comme cette compilation de démos reçues par le label, "No watches, no maps". Pour en savoir plus, il suffit de scroller.
Chronic'art : Tu te souviens de la création du label ?
Dave Howell : Le premier disque est sorti en 1996 (le Eva ep de Web, un artiste japonais). Mais le label a vraiment débuté ses activités en 1997, lorsqu'on a fermé le magasin Fat cat, situé à Londres, où toute cette histoire a commencé. Le label a été créé par Dave Cawley et Alex Knight. Pour en savoir plus sur l'historique du label, vous pouvez vous rendre sur notre site. La création du label était motivée par l'envie de sortir de la grande musique d'artistes connus ou inconnus, en mélangeant les genres. A cette époque, peu de labels produisaient ainsi des disques de genres musicaux différents. Nous voulions que les gens ne soient pas capables de nous reconnaître à travers un style particulier. Aujourd'hui encore, nous essayons de surprendre les gens, de ne pas sortir ce qu'ils pourraient attendre de nous.
Quelle est l'organisation du label ?
Au début, nous étions trois. Maintenant, nous sommes six à travailler ici : Alex et Dave pour le travail artistique, Jamie Cruisey pour tout ce qui est international (il s'occupe aussi de notre dernière signature, Mùm), Marcus Thorne s'occupe des live, et Dave Thompson nous aide tous un peu. Il y a aussi Alex Tea, qui s'occupe du site web et qui m'aide sur l'artwork. En général, tout le monde travaille un peu sur tous les aspects de la production. Le label était originairement basé à Londre, mais nous avons déménagé récemment pour Brighton où Dave et Alex ont loué un immeuble pour le label et pour y vivre. Nous allons sans doute monter notre propre studio également. J'admire beaucoup le montage de studio qu'on fait des gens comme Hardwax (dont le bâtiment abrite un studio, un magasin de disques et plusieurs labels, comme Din, Chain Reaction…). Devenir complètement autonome pour contrôler le maximum d'étapes de la production nous semble être la meilleure voie.
Comment vous en sortez-vous en termes de productions et de promotion ?
Sigur Ros nous a beaucoup apporté en presse et en promotion, mais il y a un grand fossé entre eux et le reste de nos productions. La distribution s'améliore, mais il y a encore du travail. C'est difficile de trouver des gens qui connaissent leur travail et sont capables de toucher une large audience. Surtout avec les productions un peu spéciales du label. Mais depuis que nous avons signé avec Pias, nous avons tous désormais un salaire décent, qui nous permet tous de vivre. Pour les artistes, pour l'instant, seul Sigur Ros parvient à vivre de sa musique. Il faut vendre beaucoup de disque et faire beaucoup de concerts pour vivre de ça.
Réfléchissez-vous beaucoup à l'identité du label ?
Bien sûr. Les pochettes et le travail artistique sont importants. Mais l'identité du label tient sans doute plus à la musique produite, et aux valeurs que nous défendons. Ce n'est pas toujours facile, nous avons tous des goûts différents, mais nous sommes tous fiers de notre catalogue. Fat cat a toujours essayé d'avoir une attitude que les gens reconnaiseent comme positive, critique et créative, et également ouverte aux investissements d'agents extérieurs au label. Nous avons toujours essayé de pousser nos artistes à dépasser leurs limites, et nous aidons aussi de manière moins visibles des artistes qui ne sont pas sur Fat cat. Nous poursuivons ainsi l'éthique du magasin fat cat : promouvoir la bonne musique, les bonnes idées et les gens qui les produisent, de manière totalement indépendante.
Quels sont vos contacts avec les autres labels et artistes européens ?
Beaucoup de nos artistes sortent également des disques sur d'autres structures. Nous sommes aussi en contact avec des labels amis, dont nous aimons le travail. C'est une petite scène, basée sur un rapport mutuel de supports et d'encouragements. Personnellement, mes labels favoris sont Mille Plateau, Raster Noton, 12K, Mego, Diskono, V/Vm, Domino, Kranky, Hobby Industries, Thrill Jockey, Beta Bodega Coalition, Lucky Kitchen, Sigma, Tigerbeat 6, Alku, Kitchen Motors, Irdial, Skam, Ski-pp.... Cependant, je ne crois pas qu'il y ait spécialement de scène européenne, mais une scène globale et internationale, permise en grande partie par Internet. Ce n'est pas évident de regrouper une scène géographiquement, les choses sont beaucoup plus fluctuantes que ça, même si des labels partagent certaines similarités
Prochaines sorties ?
De nouveaux albums de Him, de Setfiretoflames. Puis un album d'un artiste japonais, Xinlisupreme, qui sonne à mi-chemin des Jesus and Mary Chain de My Bloody Valentine et de The Dead C… Nous mettons également en place une série de 7" de nouveaux artistes, plus post-rock / organic. Nous allons aussi proposer des démos en MP3 sur notre site, d'artistes que nous n'aurons pas le temps de promouvoir sur disques. Le site va être bientôt refondu à cet effet.
Propos recueillis par Wilfried Paris |