INTERNATIONAL DJ GIGOLO
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INTERVIEW THE HACKER
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Interview-portrait d'un des meilleurs ambassadeurs de la techno française : The Hacker, qui avant de s'imposer dans l'hexagone, trouva refuge en Allemagne sur le label International DJ Gigolo.
La musique de The Hacker a trois visages. Les traits robotiques, elle dessine une electro héritière de Kraftwerk, proche des américains Ectomorph et Dopplereffekt, de l' hollandais I-F ou de l'allemand Anthony Rother. Le teint pâle et la silhouette sombre, elle tombe dans une nostalgie pop et new wave où New Order et The Cure pointent leurs ombres. Le regard fou, enfin, elle amène une techno maladive et déstructurée à la manière d'un Christian Vogel ou d'un Neil Landstrumm.
Michel Amato commence la musique à l'âge de 17 ans. Les influences sont electro et indus, et les maîtres DAF et Cabaret Voltaire. En 1993, le courant techno déferle, le grenoblois emprunte son versant le plus violent. C'est la période hardcore. Avec Benoît Bollini (futur Money Penny Project), il signe quelques maxis sur le label français XMF. "Puis je me suis tourné vers la techno. En deux trois ans j'avais fait le tour de ce qui m'intéressait dans le hardcore. Je me retrouvais mieux dans la techno, je parvenais mieux à m'y exprimer". Le grenoblois se lance dans l'aventure solo sous le pseudo The Hacker. Le tempo ralentit, mais la violence demeure. Une puissance, un esprit qui marqueront à jamais la musique du grenoblois - "J'aime les gros sons, genre rave, qui rappelle le vieux hardcore : lourd mais pas rapide"- des éléments qui s'expriment encore aujourd'hui (le maxi Methods of force EP sur le label écossais Sativae).
Néanmoins, à côté, The Hacker débute un projet aux accents plus ironiques avec Miss Kittin. Dès 1997 le duo se plonge dans le côté kitsch et grinçant des années 80. Trop tôt pour la France, c'est un allemand obsédé des 80's qui les attrape sur son label. DJ Hell signe deux maxis sur International DJ Gigolo. (Champagne Gigolo 11, et Intimités Gigolo 24). Le jeu est mené jusqu'au bout : en live, on aperçoit au premier plan une Miss Kittin en infirmière dominatrice, et derrière, de marbre, The Hacker l'accompagner pour des titres aussi froids qu'hilarants (Flexibility, 1982 ou Frank Sinatra).
Armé de cette reconnaissance étrangère, il est temps de faire évoluer les choses en France. The Hacker crée en 1998 le label Goodlife (allusion au titre culte d' Inner City) avec Olivier d'Oxia et Alexandre Reynaud. Il inaugure le label avec le maxi Girls on film puis y présente au printemps 2000 son premier album. Mélodies en sous-sol semble réunir tous les penchants musicaux du jeune homme. On retrouve The Cure dans les titres (Other voices), New Order à travers une ligne de basse, Kraftwerk dans l'electro, le hardcore allemand façon PCP dans des titres plus techno (New era) et une mélancolie new wave sur certaines mélodies (Fadin'away). Seul manque ici le second degré 80's réalisé avec Miss Kittin . "Il y a de l'humour dans ce disque, celui cynique et pince sans rire qui accompagne l'electro. Mais il ne s'agit pas d'un disque drôle, beaucoup moins que ce que je peux faire avec Miss Kittin".
C'est avec cet album que Michel Amato semble trouver la France : les mixs s'enchainent ( le cd mixé The Next step of new wave sur Human), les remixes aussi, jusqu'à celui du morceau Greed de Laurent Garnier. Pour autant, il ne semble pas encore temps de se prendre au sérieux, alors, histoire de rire à nouveau, la prochaine "grosse" sortie du grenoblois se fera avec Miss Kittin, pour un premier album annoncé sur International DJ Gigolo à l'automne 2001.
Entretien réalisé par Damien Almira |