TOUCH

Fondé en 1981 par Mike Harding et le graphiste Jon Wozencroft, Touch a d'emblée été un label extrêmement spécial, puisqu'il se consacrait uniquement à l'édition de cassettes audio des oeuvres d'artistes aussi iconoclastes que Hafler Trio (formation d'expérimentations électroniques au sein de laquelle on retrouvait Andrew McKenzie), General Strike (David Toop et Steve Beresford), Soliman Gamil (compositeur musicologue qui toute sa vie a tenté de recomposer la musique de l'ancienne Egypte), Nocturnal Emissions, les ex-membres de Cabaret Voltaire (Richard H.Kirk, sous son nom ou pour son projet Sandoz, ainsi que Chris Watson… Le label s'est également trouvé une passion pour la publication de documents sonores bruts, qu'ils soient anthropologiques ou scientifiques, jusqu'à la création du sous label Ash International, un temps dirigé par Robin Rimbaud (Scanner) et originellement consacré à l'édition de sons en provenance des étoiles… Joe Banks de Disinformation ou SETI en ont depuis donné leur version impressionniste. A la croisée des nouvelles musiques (contemporaines, minimalistes, cinématographiques, post-industrielles, électroniques) et d'un art conceptuel honnête et humain, Touch a montré la voie à beaucoup de labels et d'artistes grâce à son caractère unique, son exigence et son goût raffiné (cf. les pochettes magnifiques de Wozencroft). Toujours à la pointe, le label, aujourd'hui tourné vers les nouvelles musique électroniques, a été parmi les premiers à soutenir Mego, Ryoji Ikeda ou Mika Vainio/Panasonic, via Touch directement ou le sous label OR.

Olivier Lamm

Voir les nouveaux sites du label : Touch - Ash Int. - OR

SKAM

Peu à dire sur ce mystérieux label basé à Manchester, puisque son propos est justement d'être mystérieux. Dirigé par Autechre et Rob Hall, tiers membre occasionnel de leur projet parallèle Gescom, ce label d'abord destiné à la publication des oeuvres de Gescom, donc, s'est ensuite mué en une caractérielle usine IDM, sorte de jumeau ultra underground de Warp. On y trouve pêle-mêle les premiers eps de Jega, de Bola ou de l'américain Push Button Object, les artisans electro Alder and Elius, les punks digitaux V/VM pour la compilation "0161". Le label a également révélé Boards of Canada. Enfin, signalons les géniales compilations MASK100, 200, 300, 400 et 500 (pour le nombre d'exemplaires pressés!) sorties en collaboration avec Musik Aus Strom, et sur lesquelles les artistes sont listés mais les morceaux non-crédités. Aux aficionados de reconstituer le puzzle et de relier les points entre les nom d'artistes (souvent des pseudos, tels Hell interface pour Boards of Canada ou Chaos AD pour Squarepusher) qui en profitent pour jouer avec les lois de copyright (Van Halen ou David Bowie sont allègrement détournés) et la musique. Des compilations libertaires pour un label résolument affranchi de toute logique promotionnelle.

Olivier Lamm

Le site officiel, ici

PLANET MU

Le label de Mike Paradinas, alias mu-Zik, anciennement membre de la Rephlex team, a commencé assez tristement, comme un micro-label d'artiste de plus, avec quelques Eps de Jega et de Paradinas himself sous pseudo Tusken Raiders. Puis il y eut l'album de Slag Boom Van Loon, collaboration de Paradinas et de Jocheem Paap (Speedy J) et Planet Mu devint un excellent label tête chercheuse, quelque part entre Lo recordings, Warp et Vinyl Communications (pour la propension allègre au bruitisme frondeur). Rayon découvertes, citons Capitol K (electro de chambre), Hellfish & Producer (gabber vs. IDM), Horse Opera et Leafcutter John (weird electronics). Enfin, signalons que le label fut l'un des premiers à tourner le regard vers les Amériques, nouveau territoire ultra fertile de l'electronica, en signant Phtalocyanine (Phtalo) et prochainement l'immense Hrvatski (Reckanck). Un label moins formaté IDM que bon nombre de ses pairs britanniques.

Olivier Lamm

Des infos et des mp3 à télécharger sur le site officiel

LEAF

Leaf est un jeune label anglais, révélé avec la sortie de l'album de Faultline "Closer colder", un mariage du chaud des instruments acoustiques et du froid des machines, une sorte de Mark Hollis électronique, qui avait été salué par la critique, avant de signer sur une major. Depuis, le label gère sa petite notoriété avec des sorties diversifiées, de Manitoba (projet solo de dan Snaith, entre électronique tendance Warp et fusion post-jazz, mâtinée de hip hop) à 310 (duo américain produisant une ambient mêlées de sons concrets, déjà quatre album à leur actif), ou encore Beige.

Wilfried Paris

Des infos et des mp3 à télécharger sur le site officiel

WORM INTERFACE

Voici un label très méconnu de l'internationale électronique qui n'aime pas danser, et c'est bien dommage. Créé comme une plateforme de production du magasin londonien Ambiant Soho, très prisé des adeptes de musiques électroniques non destinées aux dancefloors, le label existe depuis 1994 ! Ses productions les plus connues à ce jour sont les compilations "Alt. frequencies", sur lesquelles on retrouve Gescom, Freeform, farmers manual et autres David Kristian, mais Worm Interface a également produit pléthores de bons albums d'artistes maison (Solar X, Plasmalamp, Plod, Himuro, et surtout Jake Mandell) aux très jolies pochettes réalisées par Matt Pyke (frère de Simon Pyke alias Freeform) de Designers Republic. A découvrir donc de toute urgence.

Olivier Lamm

Beaucoup à découvrir et à écouter en haute qualité sur le site officiel

DIGITAL HARDCORE/GEIST

Anciennement basé à Berlin, le label d'Alec Empire et d'Atari Teenage Riot a suivi depuis deux ans son leader à Londres. Ce label inclassable publie exclusivement une musique survitaminée et ultraviolente à base de gabber, harsh noise, jungle lo-fi et saturée et samples de guitare punk. Malgré des pochettes hideuses et des productions quasi-identiques les unes des autres (EC8Or, Lolita Storm, Shizuo eu autres Patric Catani évoluent tous dans le même genre abscons mais ultra-jouissif), le label a su imposer sa marque de fabrication et son sens hilarant de l'insurrection politique, et accoucher de quelques monuments : le "Live at Brixton academy" d'ATR, "The Destroyer" d'Alec Empire, et "If you're into it I'm out of it" de Christoph de Babalon. Sans eux, que seraient aujourd'hui V/VM, Speedranch & Jansky Noise, Panacea et autres Kid 606 ?

Geist, second label d'Empire, est le pendant ambient et posé de DHR, sur lequel on retrouve les non-moins intéressants Rope, Like-A-Tim (repéré ailleurs sur Rephlex) ou Nic Endo en version soft.

Olivier Lamm

Le site officiel, par

SATELLITE RECORDS

Après avoir signé quelques artistes relativement peu connus, Satellite Records s'est réellement fait connaître en 98 en sortant le cultissime "On the wire of our nerves" de Add n to (X). Depuis ce fantastique succès (artistique et commercial), le label a considérablement augmenté sa production. Après Yossarian (du psychédélisme analogique pour auditeurs enfumés) et Karamasov (du post rock relativement classique), Satellite a pris une tournure nettement plus expérimentale. Citons notamment les albums de Lucha Libre ou de Heavy Q Connexion, qui restent un bien bel hommage aux expériences de John Zorn et à la scène "free" japonaise (Boredoms, Ruins, Nani Nani...).

Cependant, depuis le départ d'Add n to (X) (rachetés par Mute depuis), le label s'est financièrement affaibli et les sorties se sont faites de plus en plus rares. Mais la qualité a toujours été au rendez-vous. L'un de leur plus beaux disques reste à ce jour le dernier album de Sand ("Beautiful people are evil") ; qui mêle le free jazz à la musique industrielle, le dub aux expérimentations analogiques, sans jamais tomber dans le mauvais goût... A retenir également, le premier album de Bell ("Hotel November") : un des plus beaux disques de techno binaire de ces dix dernières années (bien plus proche de Dopplereffeckt que de Daft Punk) ; qui aurait pu rencontrer un fort succès commercial, si la distribution et la promo du disque n'avaient pas été aussi catastrophiques... Car malheureusement, depuis quelques mois, le label ne sort quasiment plus rien et des rumeurs courent quant à la fin de l'aventure Satellite.

Vasken Yossarian

SULPHUR

Figure clé des scènes électroniques anglaises, Robin Rimbaud a créé en quelques albums un monde électronique chuchotant où il capte les conversations hasardeuses du surplus des villes. Sa musique, souvent qualifiée d'intelligent-techno a posé les bases de l'electronica. Bizarrement, son statut culte ne lui apportera jamais une véritable reconnaissance plus grand public comme Autechre ou Aphex Twin. L'artiste Sub Rosa a monté récemment son label où il sort quelques uns de ses projets (le génial "Lauwarm instrumentals", le très décevant "Scannerfunk") et d'autres rencontres dans le domaine de l'ambient (Simon Fisher Turner, David Toop, tous deux amis) ou de l'abstract hip-hop (DJ Spooky, vieux compagnon de route). On le retrouve en remixer patenté des plus grands groupes rock et post-rock, en concepteur d'installations d'art contemporain et en featuring de choix. Son sens de la rythmique et des ambiances en font un incontournable solitaire de l'electronica.

Jérôme Schmidt

Voir le site de Sulphur

 • Présentation générale Angleterre
 • Retour page d'accueil événement

 


XL RECORDINGS
 • Interview Basement Jaxx

WARP
 • Portrait Label
 • Interview Mira Calix

REPHLEX
 • Interview Grant Wilson Claridge
 • Interview Ovuca

NO FUTURE
 • Portrait Label

FAT CAT
 • Interview Dave Howell

SPYMANIA
 • Interview Hypo

 


 • Touch
 • Skam
 • Planet Mu
 • Leaf
 • Worm Interface
 • Digital hardcore
 • Satellite records
 • Sulphur