La vie en double

(...) Chez "les" Burroughs, on fait les choses plus à la cool. Quand on joue à Guillaume Tell avec une carabine bien plombée, on ne se soucie pas plus que ça de louper la pomme. Une morte à zéro et une fuite effrénée dans les climats interlopes de l'Amérique du Sud. Burroughs ou le délire productif d'un paranoïaque vivant dans les limbes du chaud/froid héroïné. Chez ce bon vieux William, tout le monde est un agent double. Le regard, de par son existence, est déjà une surveillance. L'idée même d'association ou de société est tournée en rite pseudo-démocratique avec pour seul but d'aliéner l'individu. Et l'information pré-mâchée délivrée à la populace est une désinformation organisée : "tout se brouille... ai-je vraiment lu ça ? j'essaye de déchiffrer les mots... de plus en plus flous, ils s'émiettent en un puzzle absurde... tout est faux" (Le Festin nu). Le cafard kafkaïen, internalisé, fait son "report" journalier aux agents de l'Ordre ; quelques miles plus au nord, Echelon se met lentement en place avec son filtrage globalisé clinique et précis, visant à l'antipersonnel. Et pourtant, le virus de l'information est bien en nous et révèle aux grandes puissances coercitives les données ontologiques de nos vies misérables.

We are the robots

Après l'organique, l'électronique. Chez Dantec, grand héritier de la tradition dickienne et burroughsienne, on oublie les jeux de fléchettes améliorés et l'on convoque les schizophrénies estampillées Président Schreber. L'homme, de par son essence, est en guerre (Le Théâtre des Opérations). Et cette guérilla envers le contrôle univoque de l'information se fera par les moyens digitaux. Quand la grande machine d'état se détraque, c'est aussi la projection schizotropique de nos devenirs qui dérape. Le bon vieux Dr Schizzzo (clin d'úil à Hunter S. Thompson -encore) rejette à nos regards ébahis la surveillance mécanique qui se profile à l'horizon. Un monde où l'on punit avant même d'apercevoir ; où la vie privée n'est qu'une affaire de codage. Pretty Good Perspective. (...)









USA vs world
Duncan Campbell dévoile les mécanismes d'Echelon. Rencontre.






Surveillance fiction
La paranoïa a investi l'esprit des plus grands écrivains. Historique.




Tempête dans un verre d'eau
Plus invisible et moins coûteux qu'Echelon, Tempest est le dernier gadget du cyber-espion.








Sélections web
12 sites pour mieux apprécier l'ampleur de la grande surveillance électronique...


Electronic Guerilla
Un manuel de cyber-guerilla signée Burroughs.
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