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(...) A la fin des années 40, ces agences ont eu plus de lest et plus de fonds pour fonctionner. Mais ce n'était pas une nouveauté. La British Intelligence a par exemple systématiquement copié les codes secrets du Général de Gaulle pendant des années. Même pendant la guerre 39-45, les services secrets anglais et américains espionnaient mutuellement toutes leurs communications. Il n'y a pas de surprises : pendant la Révolution française, les insurgés attaquaient les messagers royaux pour se tenir au courant des communications du pouvoir. Le procédé est et restera toujours le même : arriver au même niveau d'information que l'ennemi. Pendant la guerre froide, cet espionnage a en effet été largement dirigé vers les pays du Bloc de l'Est. Mais le projet Echelon n'a commencé que dans les années 70 et n'a jamais été qu'un outil d'espionnage envers les pays du Bloc de l'Ouest. Les agences d'écoute se sont retrouvées avec des satellites et avec la tâche d'écouter tout le monde. Bien sûr, ils se sont vite rendu compte de l'impossibilité de ce qu'on leur demandait et ont dû rapidement faire des choix. Les premières stations ont été construites près de Washington et dans les Cornouailles (1970), à l'ouest de l'Angleterre (1972). Rapidement tout s'est organisé autour de trois pôles : Pacifique, Atlantique et Océan Indien, chacun relié à un satellite gravitant autour de ces points. Dans ces premières années, les Russes n'avaient pas cette organisation et ne présentaient ainsi aucun danger. Maintenant, les programmes d'Echelon demandent aux Chinois ou aux Russes de lancer leurs satellites !
Vers un projet européen
Tout le monde espionne tout le monde. Et le plus riche sera le mieux informé. Ces projets demandent énormément d'argent pour être menés à bien. Le projet européen est en marche et fait beaucoup de bruits aux USA, qui y sont farouchement opposés. La Grande-Bretagne doit d'abord s'affranchir de ses alliances avec les Etats-Unis, mais l'arrivée de Georges W. Bush devrait accélérer les choses. Nous n'en sommes donc qu'au début. En dehors des pays anglophones, il émerge un axe France-Allemagne au niveau de l'intelligence économique et l'espionnage. Les Américains essayent actuellement de partager Echelon avec le plus de pays européens possibles tout en tenant à l'écart l'Allemagne et la France. Le Danemark, la Suisse, la Finlande sont par exemple déjà du côté américain.
Pretty Good Privacy
Par le nom même de PGP, on comprend que ce logiciel de cryptage n'est pas le système de défense absolue contre la surveillance électronique. PGP, c'est Pretty Good Privacy (note : une défense plutôt bonne). Le nom est très bon. Il n'évoque pas la sécurité absolue. La différence entre envoyer un e-mail normal et un e-mail codé par PGP est la même qu'envoyer une carte postale ou une carte dans une enveloppe. L'e-mail basique peut être lu par n'importe quelle personne qui l'intercepte. Pour l'enveloppe, il faut l'ouvrir et donc savoir auparavant qu'il y a quelque chose d'important dans l'enveloppe. Echelon ne peut pas ouvrir systématiquement tous les e-mails codés. A la limite, le problème de la clé d'encryptage (note: de 64 à 128 bits pour un encryptage professionnel) n'est que partiel. Si Echelon décide de décrypter un message, il peut le faire. Mais il faut qu'il prévoie de prendre beaucoup de temps (1 à 2 semaines environ) pour chaque message. Dès lors, comment filtrer a priori les messages dont le décodage est fastidieux ? Voici la force de PGP : cacher aux yeux de tous si le contenu est intéressant ou non. Rien de plus. Entretien réalisé par Jérôme Schmidt | ![]() | ![]()
| ![]() ![]() Surveillance électronique planétaire | |||||||||||||||||