Genèse des travaux

(...) J'ai commencé toutes ces recherches en 1988 aux Etats-Unis. Les services secrets en parlaient alors sous le numéro de code P415 mais rien n'a réellement filtré avant presque dix ans. C'était un travail effectué pour l'hebdomadaire britannique The New Statesman. J'ai poursuivi ce travail grâce aux fonds de la Communauté Européenne et la publication de mes premiers rapports a fait beaucoup de bruit dans le petit monde de l'intelligence économique. J'ai eu énormément de demandes suite à ces travaux, ce qui m'a permis de continuer dans de bonnes conditions. A chaque fois que j'allais donner une conférence dans un pays, je demandais toujours à aller visiter la station Echelon locale. Et presque toujours, il y en avait une dans les environs... J'ai sûrement été dans plus de stations Echelon qu'un espion américain moyen !
En 1997, le Parlement européen a publié un premier rapport sur Echelon effectué par Dr. Steve Wright (note : "An apraisal of technologies of political control"), où il consacrait dans cette large analyse une petite partie à Echelon. Et les gens se sont uniquement focalisé sur les passages évoquant le système d'écoute. Après que l'information ait circulé dans la presse européenne, le Parlement a voulu de nouvelles études sur le sujet. Seule une petite part m'a été commandée, mais sur les quatre rapports, c'est le mien qui a été remarqué, même si il ne devait être qu'un rapport complémentaire aux trois autres. C'était le plus conséquent et le mieux documenté.

Méthodes de travail

Je travaille dans des conditions quasiment académiques. Comme un étudiant qui fait ses recherches en fait. Principalement seul, même si j'ai de nombreux contacts dans chaque pays. Par exemple, je n'ai accès qu'aux archives américaines disponibles au commun des mortels. Mais il y en a plus qu'on ne peut le penser au premier abord... Mes sources sont à la fois des faits révélés dans des livres, les journaux, etc., mais aussi des sources privées et académiques qui me sont transmises par des contacts. Ces personnes vont prendre des photographies, capter des signaux audio.

La guerre de l'information

Echelon n'est en aucun cas une conséquence de la guerre froide, malgré tous ce qu'on peut lire sur la question dans la presse. Depuis leur existence, les services secrets de tous les pays se sont espionnés mutuellement. C'est leur raison d'être. Pendant la Première Guerre mondiale, les anglais possédaient un système de déchiffrage automatique des télégrammes. Il a été institutionnalisé en 1920 et même présenté au Sénat américain par la suite ! Les Américains avaient d'ailleurs aussi utilisé le même procédé quelques années plus tard.
Chaque pays utilise les mêmes méthodes, même si la puissance financière de l'état commanditaire est effectivement très influente sur l'efficacité des choses. Quand l'Etat français met en accusation les Américains pour l'avoir espionné, il faut savoir qu'ils font la même chose... Tout ceci est assez hypocrite. Ces agences de surveillance se sont totalement installées dans la bonne marche des états depuis la Deuxième Guerre mondiale. Elles ont d'ailleurs largement contribué à la défaite de l'Allemagne nazi et à la libération de la France. (...)









USA vs world
Duncan Campbell dévoile les mécanismes d'Echelon. Rencontre.






Surveillance fiction
La paranoïa a investi l'esprit des plus grands écrivains. Historique.




Tempête dans un verre d'eau
Plus invisible et moins coûteux qu'Echelon, Tempest est le dernier gadget du cyber-espion.








Sélections web
12 sites pour mieux apprécier l'ampleur de la grande surveillance électronique...


Electronic Guerilla
Un manuel de cyber-guerilla signée Burroughs.
Retour sommaire



Surveillance
électronique
planétaire