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| ![]() | ![]() Le livre électronique est moins un nouveau gadget qu'un moyen direct d'interroger nos rapports à l'écrit, nos manières de penser et de modéliser nos connaissances. Une nouvelle façon d'appréhender le monde, comme l'explique Jean-Gabriel Ganascia, qui a mis sur les rails un observatoire de la lecture électronique. ![]() Technologie culturelle Du point de vue des sciences cognitives, l'introduction d'un nouveau médium électronique pose toujours le problème de son appropriation par l'Homme. Comment cet être de culture va-t-il réagir face à l'émergence d'une nouvelle configuration ? Il est difficile en effet de passer outre les modifications que va apporter le livre électronique : le procédé de la numérisation risque de modifier tout un tas de fonctions cognitives. Et quand on sait l'importance des fonctions cognitives de la lecture dans la formation de notre connaissance, de la modélisation de nos facultés cognitives, on se doute que de nombreux changements sont en gestation. Comme l'a souligné Mac Luhan, l'invention d'une nouvelle technologie n'intéresse pas seulement les futurs usagers. Monter une base de données ou un système de base de données dans un hôpital n'aura pas du tout la même implication si cette opération se déroule en Europe ou aux Etats-Unis, tout simplement parce que réaliser une telle opération induit l'appel à une certaine culture au même titre que celle des Beaux Arts ou des Belles Lettres. D'autre part, un médium de communication modifie profondément les processus de production culturelle et donc le rapport de l'Homme au monde. Vers une dématérialisation Une fois le groupe de travail constitué (quarante Rocket e-books, différentes thématiques), nous nous sommes tout d'abord posé la question de la pertinence du terme même de "livre électronique". Le livre, c'est la substance matérielle, l'écorce, sur laquelle on imprime mécaniquement des signes, bref le livre est avant tout un objet doué d'une présence physique importante. Bien au contraire, "électronique" implique une disparition de cette matérialité : tout se calcule en flux de données ou en termes d'échanges. En résumé, la quantité d'informations mises à la disposition du lecteur est complètement indépendante de la quantité de matière. Ainsi, le livre électronique constitue le point de rencontre entre nos vieilles civilisations de l'écrit et les sociétés naissantes de l'information, un jeu de continuité et de ruptures dans la modernité (sujet du colloque "Retour vers le futur", qui a réuni pendant une semaine des chercheurs, historiens, philosophes et ingénieurs sur le problème de la lecture). Remettre en cause les habitudes Les premiers résultats de nos recherches ont été pour le moins surprenants. Contrairement aux levées de boucliers sur le confort réduit de lecture et de la technologie des écrans, les utilisateurs ont été ravis de découvrir un confort de lecture tout à fait acceptable. Qu'il s'agisse de poésie, de romans ou d'ouvrages dans le cadre d'une recherche, la lecture est fluide, aisée, l'écran fournissant un confort de lecture tout à fait suffisante, et plus particulièrement dans des conditions de nuit où le rétro éclairage est plus intéressant qu'un éclairage faible. Même constat pour les fonctionnalités. Sans être totalement révolutionnaires, elles permettent avec aisance de prendre des notes, de créer des signets ou des liens ente les différentes pages ou même d'écrire directement sur le livre et d'y revenir très facilement. Plus intéressant, quasiment tous les utilisateurs ont éprouvé des difficultés devant l'absence d'épaisseur. Quand on lit un ouvrage, on sait immédiatement où l'on se trouve dans la progression du livre. Ici, au contraire, les utilisateurs ont eu beaucoup de mal à se rappeler la place de la page dans la structure globale de l'oeuvre. Ce qui pose le problème évident d'une mémorisation plus difficile. Si ce phénomène est peu visible dans le cas d'une lecture courte, il devient rapidement problématique dans le cas d'une lecture savante, où le lecteur survole plusieurs livres pour en connaître les idées générales et la structure. (...) | ![]() | ![]() ![]()
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| ![]() | ![]() Le test L'interview ![]() ![]() Richard Stallman HyperNietzsche | |||||||||||||