Lancé le 22 janvier 2001, le Cybook, premier livre électronique français, se veut dans la continuité de l'édition classique. Non pas une révolution, juste une évolution au service des éditeurs et des consommateurs. Rencontre avec Marc Devillard, de Cytale.

Moins de kilos, plus d'infos

Le projet Cybook est né du constat que le support papier avait très peu bénéficié de l'apport des nouvelles technologies : entre les documents de travail, les magazines, les journaux et les livres, il n'était pas rare de transporter des kilos de papier... Sans parler des inconvénients que cela suppose en termes d'ergonomie et de facilité d'utilisation. C'est ainsi que Cytale est née. Une fois le plan de faisabilité réussi, il n'y avait plus qu'à développer le marché autour du concept et de le rendre viable économiquement. Le réel déclic s'est produit au village e-book, en 2000, quand nous avons montré les premiers prototypes au public et aux éditeurs : la machine était définitivement lancée.

Pour un confort de lecture sans fioritures

Le problème se posait ainsi : est-il possible de lire sur un écran ? Et quand je dis lire, je ne parle pas d'une lecture comme simple assimilation de connaissances comme peuvent le proposer un PDA, un écran de PC ou de télévision, mais d'une lecture immersive, celle où l'on prend un bon bouquin, on se plonge dedans et on y reste. Une telle pratique, très complexe d'un point de vue physiologique ou psychologique, nécessite plusieurs conditions : un bon contraste, des lettres bien formées, des lignes pas trop longues, des repères dans l'espace et une mise en page verticale. C'est pourquoi nous avons eu une politique très différente du Rocket e-book : nous avons opté pour un écran très grand, de très bonne qualité (SVGA) et une interface sobre. Tout ce qui pouvait distraire a été enlevé. Nous ne pensions pas que l'industrie naissante du livre électronique était assez mûre pour un appareil dédié bas gamme, trop proche d'un PDA (écran monochrome).

Une sécurité maximale

De même, il était important pour nous d'éviter le monde des micro-ordinateurs. Nous ne faisons pas de différence entre le livre papier et le livre électronique : ils font partie tous deux du monde du contenu payant, soumis à copyright et nécessitant donc un système fermé, indépendant des PC. Si nous avions opté pour une compatibilité totale, cette solution nous aurait été fatale : au bout d'un laps de temps plus ou moins long, le code aurait été cracké et nous aurions perdu la confiance des lecteurs et surtout des éditeurs. Nous avons donc préféré un système plus sûr. Le lecteur passe par un seul serveur (il y en aura bientôt d'autres), achète un livre, le télécharge en très peu de temps. Si la mémoire du Cybook est remplie, il se rend sur sa bibliothèque virtuelle où tous ses achats sont mémorisés et il peut télécharger à nouveau le livre qu'il souhaite parcourir. Il était vraiment important de maîtriser de A à Z toutes les étapes de production. Une fois le marché établi, il sera enfin possible de créer une concurrence entre librairies ou même entre fabricants de hardware. (...)



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