(...) Et comment expliquer qu'aujourd'hui il n'y ait plus du tout cette émergence, cette émulation artistique si forte, y compris à New York ?

Je pense que l'arrivée d'Internet y est pour beaucoup. Tout le monde peut réaliser son propre disque et le diffuser sur le réseau mais il devient bien plus difficile de se faire entendre... Lorsque les gens ne quittaient jamais leur quartier, ils produisaient énormément au niveau culturel. On avait une identité. C'était magique.

Les arts de la rue marquaient-ils cette identité ?

Véritablement. Ils étaient à la fois très sophistiqués et très instinctifs. Les jeunes s'inspiraient des bandes dessinées mais aussi des lettres grecques à propos desquelles ils discouraient. Jean-Michel a repris ce discours dans ses oeuvres pour que les noirs, les pauvres, se défendent contre le langage. Les graffitis étaient une façon pour les gamins d'exprimer leur frustration et de célébrer leur culture. Ils n'étaient parfois pas conscients de l'usage de ces icônes. Il y avait aussi cette culture de maître dans laquelle tu avais un "maître" et un groupe "d'élèves" qui peignait pour lui, c'était un truc complètement tribal. Ils étaient poètes, peignant des dessins en cours. Mais Basquiat ne faisait pas parti de ce monde des graffitis. Il ne possédait pas leur langage. Il a commencé par écrire des poèmes sur les murs de Soho, il était unique.

Etiez-vous présent lors de sa rencontre avec Warhol ?

J'ai assisté à la véritable rencontre, lorsque le galeriste Bischoffberger a proposé à Basquiat d'échanger un tableau avec Warhol. Jean-Michel a tout de suite accepté parce que tout le monde adorait Warhol mais il ne le connaissait pas ; il l'avait juste croisé pour lui vendre un tableau dans un restaurant, en 1980. Une semaine après, on allait déjeuner chez Warhol. Et le jour même, Jean-Michel me dit : "c'est notre jour de gloire". Pendant un bon moment, il m'a inclus dans sa vie parce que je faisais partie de son travail. C'était lui l'artiste et moi l'assistant, on a jamais vu ça comme une collaboration, son art et mon travail. (...)









Femme des années 80
Productrice de "Downtown 81", Maripol pratique avec maestria l'art consommé du "name-dropping".




La rue est à nous
Basquiat impose l'appropriation du lieu public et sa visibilité maximale comme nouvelles règles de l'art.






Stefen Torton and the rest of the world
Le photographe Stephen Torton nous livre les souvenirs de sa rencontre inoubliable avec Basquiat.
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Downtown 81
le film


La B.O. du film
L'expo "Paris-Downtown" de Maripol
L'expo "Les Années Pop" à Beaubourg