Jean-Michel Basquiat vient de la rue, clé de sa réussite et de son dépérissement. Son art brutal, revendicatif, primaire, abstrait en garde la marque indélébile. A ses débuts, il transforme les murs en lieux d'exposition permanents, souvent bien plus fréquentés que la plupart des galeries. Basquiat impose l'appropriation du lieu public et sa visibilité maximale comme nouvelles règles de l'art.

A la fin des années 70, New York commence à observer l'art urbain, avant que le mouvement figuration libre ne soit absorbé par le marketing pour le plus grand bonheur du jeune peintre et de ses multiples comparses : Keith Harring, Crash ou Futura 2000. En 1981, la Fun Gallery est la première galerie à exposer les artistes de la rue dans leur quartier, douce transition entre le pur "street spirit" et les dures lois du marché Le Bronx, East Side et Soho deviennent subitement le nouveau triangle d'or, et les marginaux sont rapidement considérés comme des artistes... Basquiat est black, crade et défoncé à longueur de journée. Il correspond parfaitement au cliché de l'artiste de rue. Aidé par l'effet de mode et par l'arrivée de riches "hip'n hype" sur le marché des collectionneurs, Basquiat, chef de file de cette nouvelle tendance, passe du carton au loft, de la colle à la coke, du mur à la toile, de l'ombre à la lumière. Son mentor, Andy Warhol, résume brillamment le phénomène en écrivant dans Popism : "On a pris le dehors et on l'a mis dedans".

Quelques années plus tard, certains précurseurs comme André ou Miss-Tic commencent à titiller les rues de Paris. Le décalage habituel New York-Paris fait qu'ils ne pourront pénétrer les galeries qu'au début des années 90. Avec moins de succès et moins de talent. L'inspiration vient directement des Etats-Unis, pays où tout semble possible. Partant de ce principe palpitant, les petits frenchies se lâchent : beaucoup s'essayent aux tags, d'autres aux pochoirs, certains aux collages. La plupart ne font que passer, abandonnant dès les premières altercations avec les flics. Les plus accrocs évoluent avec leur art, le laissent bonifier et passent parfois de la bombe au pinceau, pour des travaux plus élaborés.

L'art du picturo-graffiti a toujours existé. Les Ephémères de Gérard Zlotrykamien ou les bonshommes blancs de Jérôme Mesnager ont investi les murs de la capitale dès le début des années 80. Utilisant la bombe ou la peinture acrylique, ces artistes mettent en avant l'image comme fonction première dans leurs travaux. Une quinzaine d'années après, à l'époque où les "writerz" commencent à ralentir leur marche, les plus braves sortent de l'ombre. Le pictogramme remplace le tag et les moyens utilisés pour assurer sa propre campagne de pub se diversifient : bombes, pinceaux et acrylique, stickers ou mosaïque. (...)









Femme des années 80
Productrice de Downtown 81, Maripol pratique avec maestria l'art consommé du "name-dropping".




La rue est à nous
Basquiat impose l'appropriation du lieu public et sa visibilité maximale comme nouvelles règles de l'art.






Stefen Torton and the rest of the world
Le photographe Stephen Torton nous livre les souvenirs de sa rencontre inoubliable avec Basquiat.
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Downtown 81
le film


La B.O. du film
L'expo "Paris-Downtown" de Maripol
L'expo "Les Années Pop" à Beaubourg