(...) Pourquoi avoir choisi Basquiat comme guide de cette balade dans New York ?

Au départ ça devait être un ami à lui, Danny Rosen mais il était un peu poseur et il en avait envie sans en avoir envie. Glenn O'Brien, qui écrivait le film, trouvait Jean-Michel plus intéressant. J'étais d'accord et notre choix s'est porté sur lui.

Vous le connaissiez depuis longtemps ?

Depuis un an environ.

Vous étiez donc vraiment au coeur de cette scène new-yorkaise.

Oui, on a bougé downtown avec Edo en 1979. Les gens, surtout des artistes, allaient là-bas parce qu'il y avait de grands espaces et que ce n'était pas cher.

Le film donne l'impression d'un espace en friche.

A un moment il est dit dans le film que "c'était comme si une bombe nous était tombée dessus". Il s'agissait de quartiers abandonnés, avec des usines désaffectées. Le loft dans lequel on a emménagé était l'ancien quartier général des Black Panthers. Il était encore entièrement couvert de stickers à leur effigie.

Et aujourd'hui, c'est devenu quoi ?

Un grand "shopping mall". Les prospecteurs immobiliers ont récupéré tous les quartiers et c'est devenu intenable, vraiment très cher. Les dealers de drogue sont de plus en plus repoussés vers la périphérie. Le seul quartier qui ressemble encore un peu au Manhattan de ces années là est Brooklyn. Actuellement, des artistes du monde entier y vivent. Il s'y passe des choses extraordinaires dans l'art, la mode, la musique.

Comment était perçu l'art de la rue ?

L'art du graffiti est né bien avant le film. Je pense que cela date de la fin des années 60. A l'origine, il y a eu la révolution sur les campus, des slogans partout sur les murs. C'était le cas aussi à Paris, durant mai 68. Quel était le meilleur média d'expression sinon les murs ?
Un jour, il y a eu un court article dans un journal et tout le monde a eu envie d'avoir sa signature sur un mur pour qu'on parle de lui. Il y avait une volonté de dire "j'existe". "Je suis un inconnu, un anonyme qui habite dans un quartier défavorisé et je veux m'en sortir. Et je m'en sors par la force de quoi ? Par la force de la bombe."
Jean-Michel ne signait pas encore sous le nom de Basquiat mais sous celui de Samo et son message était beaucoup plus politique. A un moment dans le film on le voit écrire "These institutions have the most political influence : McDonald's, church, television and Samo." Et sur ce, il barre Samo. (...)









Femme des années 80
Productrice de "Downtown 81", Maripol pratique avec maestria l'art consommé du "name-dropping".




La rue est à nous
Basquiat impose l'appropriation du lieu public et sa visibilité maximale comme nouvelles règles de l'art.






Stefen Torton and the rest of the world
Le photographe Stephen Torton nous livre les souvenirs de sa rencontre inoubliable avec Basquiat.
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Downtown 81
le film


La B.O. du film
L'expo "Paris-Downtown" de Maripol
L'expo "Les Années Pop" à Beaubourg