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| ![]() | ![]() ![]() Productrice de Downtown 81, Maripol pratique avec maestria l'art consommé du "name-dropping". Une pose ni mondaine ni factice qui renvoie 20 ans plus tard l'image d'une scène new-yorkaise où tout était nouveau. Et sur les murs lépreux de Manhattan, s'étalaient déjà les quelques poèmes-graffiti de Jean-Michel Basquiat, encore camouflés sous le nom de Samo. Retour sur une époque révolue, avant que New York ne devienne un immense parc de loisir touristique. Maripol : A l'époque, les producteurs du film ont été mêlés à un gros scandale financier et se sont totalement désintéressés du projet. Tout est tombé à l'eau et le film n'a jamais réellement été monté -excepté un "rough-cut" (pré-montage) de 2h30. Parfois, Jean-Michel Basquiat m'en parlait, il évoquait la possibilité de le financer et son désir de voir le film enfin achevé. Si j'avais su qu'il allait bientôt mourir, je me serais un peu plus mobilisée pour pouvoir le finir. Pas mal d'années ont passé avant que je recherche les négatifs. C'est par hasard que j'ai retrouvé le labo qui les détenait à New York. Ils étaient très bien conservés mais on ne voulait pas me les donner. Ce n'est que 3 ou 4 ans après en avoir fait la demande que quelqu'un m'a de nouveau contacté en me demandant : "cela vous intéresse toujours ces boîtes ?". Un véritable coup de chance car le labo fermait, et il avait bien l'intention de les brûler...
Le montage actuel est-il conforme à ce qui était prévu à l'origine ? Oui, il est le plus proche possible du scénario écrit par Glenn O'Brien. Le texte de la voix-off était déjà écrit, même s'il a été légèrement réadapté du fait que Jean-Michel n'était plus là. On a tout de même gardé les tournures de l'époque, même si certaines d'entre elles ne sont plus employées aujourd'hui.
Et le choix de Saul Williams pour la voix-off ? En voyant Slam on s'est dit que c'était lui le plus proche du personnage. Saul Williams est un poète, tout comme Jean-Michel pouvait l'être. On entend d'ailleurs dans le film Jean-Michel réciter des vers sur un air d'harmonica.
N'y avait-il pas une espèce d'effervescence artistique au début des années 80 qui s'étendait à tous les domaines ? John Lurie, par exemple, peignait, faisait de la musique et jouait en tant qu'acteur. Il a notamment composé beaucoup de musiques de films et maintenant il écrit un livre. Edo Bertoglio, le réalisateur du film, était photographe ; quant à moi je faisais beaucoup de mode. Tout se croisait, naturellement. (...) | ![]() | ![]() ![]()
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| ![]() | ![]() ![]() ![]() Downtown 81 le film ![]()
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