Sons d’Hiver n’est pas un festival de jazz. Sons d’Hiver est un festival de musiques, le pluriel est fondamental. D’année en année, il élargit son public en fuyant les limitations sinistres de l’audimat. Ce que vous verrez et entendrez ici, vous ne le retrouverez pas dans votre « caisse à images ». Si vous êtes curieux, désireux de rompre avec le prêt-à-consommer, allez assister aux soirées magiques de la 8e édition de ce festival qui se déroule dans seize villes du Val-de-Marne du 15 janvier au 13 février 1999.

La programmation, due à Fabien Barontini, comporte cette année principalement du jazz, des musiques électroacoustiques, du flamenco et des musiques du Maghreb. Le choix a été difficile, mais voici quelques moments qui nous semblent à ne pas rater :

B’net Houariyat le 22 janvier à Choisy-le-Roi : les B’net sont, au même titre que les Gnawas, une confrérie marocaine. Ces femmes parcourent les villages et les villes du pays où elles célèbrent les fêtes traditionnelles. Les B’net Houariyat (les filles de l’Houara) chantent et s’accompagnent d’instruments traditionnels. Le terme de chant est d’ailleurs plutôt impropre, il s’agit d’un flot continu d’énergie. Impressionnant.

Los Incontrolados : trois soirées (23 janvier, 6 février, 12 février), pour trois versions (anglaise, espagnole, française) de ce « testament d’un incontrôlé », création qui fera l’objet d’un triple compact à paraître sur le label Nato. Avec Benoît Delbecq, Tony Hymas, Hélène Labarrière, Guillaume Orti, Sylvain Kassap, etc.

Maghreb All Stars le 29 janvier au Kremlin-Bicêtre : Massa Bouchafa et Cheikha Remitti, les racines du raï.

Enrico Rava Electric Five / Pino Minafra Sud Ensemble le 5 février à Vincennes : deux formations parmi les plus dynamiques et créatives de la scène jazz italienne actuelle, menées par deux des meilleurs trompettistes de jazz du moment.

Bernard Lubat Piano solo / Archie Shepp Quartet le 11 février à Rungis : quand le multiintrumentiste gascon se met au clavier, l’émotion est toujours au rendez-vous. Nul ne sait -le sait-il lui-même ?- à l’avance ce qu’il va interpréter, Bach, Monk, le blues, le classique contemporain sont souvent au rendez-vous. Archie Shepp, homme de racines, légende vivante du jazz, retouve ici un vieux complice, le pianiste Horace Parlan. Du blues, du blues.

Consultez le programme détaillé dans la sections news du webzine Le Jazz.
Lire l’interview de Fabien Barontini sur le même webzine.

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