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Les sept (!) de Pram, de passage à paris, se livrent au jeu de l’interview, un exercice dans lequel, malgré leur bonne volonté, ils ne semblent pas très à l’aise. Autant leurs albums, dont le dernier et très joli North pole radio station, ressemblent à des rêves psychédéliques, à la fois naturels et peu éloignés de l’univers le Lewis Carroll, autant répondre à des questions à l’heure du café -d’après déjeuner pour vous et moi, mais du réveil pour eux- leur paraît totalement incongru. Heureusement, il y a Rosie, la chanteuse à voix d’enfant…

Chronic’art : Vous existez maintenant depuis huit ans, vous avez sorti cinq albums, et c’est seulement aujourd’hui que l’on semble remarquer -avec plaisir si l’on en croit les critiques- votre existence. Qu’en pensez-vous ?

Pram (cette dénomination collégiale est appropriée, puisqu’ils parlent tous en même temps, se coupent la parole, pour finalement tomber d’accord à chaque fois) : Nous avons toujours été en avance sur notre temps, sur les styles musicaux qui marchaient à différentes époques. Et c’est bien connu : lorsque vous êtes en dehors de la meute, loin devant, vous ne vendez pas un million d’albums…

Qu’entendez-vous par « en avance » ?

Très loin devant les autres…

Et maintenant ? Vous êtes arrivés à maturité eu bon moment ?

Oh non ! L’idée d’arriver à maturité, c’est quelque chose de très déplaisant ! C’est arriver jusqu’à un certain point, et se dire qu’à partir de ce moment-là, c’est fini : on n’ira pas plus loin. ON ne veut même pas y penser !

Votre musique a souvent été qualifiée de « cauchemar d’enfant ». Etes-vous d’accord ?

On voit bien pourquoi pas mal de gens disent cela. Et c’est en partie vrai. Car en ce qui concerne les paroles de nos chansons, il y a beaucoup de choses en relation avec l’enfance. Il est aussi question de la peur, de ce sentiment que l’on ressent si profondément lorsqu’on est petit et vulnérable. Et pourtant, c’est quelque chose qui peut également toucher les adultes.

Qu’est-ce qui différencie un enfant d’un adulte, alors ?

La spontanéité, certainement. Et la fait que les enfants trouvent très souvent des causes magiques, surnaturelles à leurs problèmes. Cela est dû au fait qu’ils manquent cruellement d’informations, il ne sont pas encore assez éduqués. Mais c’est aussi ce qui est intéressant chez eux. Cette capacité de répondre à l’inexpliqué par l’inexplicable. Cependant, encore une fois, c’est un trait que l’on peut retrouver chez les grandes personnes. Cette forme d’innocence, c’est quelque chose que l’on ne perd jamais tout à fait, à moins de le décider…

Mais on ne peut pas s’empêcher de grandir…

Exact, mais on peut décider de réfréner certains sentiments, on peut faire le choix d’ignorer certaines choses, certains comportements. Tout ce qui bride l’imagination…

Le mélange d’instruments tels que triangle ou toy piano et de sonorités plus contemporaines -hip hop, samples-, c’est ce qui fait sonner si étrangement votre musique ?

Sûrement, on est comme une bande de cuisiniers, de chefs. On crée des plats nouveaux à partir d’ingrédients classiques, référencés, connus…

Vous allez injecter encore plus de modernité dans vos morceaux ?

Oui, certainement, tout ce qui est sampling, échantillonnage, c’est très intéressant. Le côté copier/couper/coller. Il y a vraiment des chose merveilleuses dans l’electronica. Aphex Twin a fait des morceaux brillants, Mike Paradinas également…

Propos recueillis par

Lire notre chronique de North pole radio station

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