Assis sagement au bar d’un grand hôtel du Marais, Luke Slater assure avec une grande simplicité la promo de son nouvel album Freek Funk (Labels/Virgin), répondant le plus gentiment du monde aux multiples questions des journalistes. Avec ses cheveux ras et son grand sweat gris, il évoque plus un petit enfant heureux de ce qui lui arrive, qu’un grand roi de la techno sûr de lui. Et pourtant, on peut dire qu’il n’est pas passé inaperçu ce quatrième opus, recevant les honneurs unanimes de la presse et, beaucoup plus importants, ceux du public. Un album de la maturité pour cet anglais venu à la musique techno plus par curiosité que par mode. Et après un parcours entamé en 1989 sur la vague house de Détroit, Slater opte aujourd’hui pour une musique beaucoup plus inclassable, mélangeant allègrement les genres pour régaler les clubs du monde entier. Rencontre avec le nouveau petit prince des dancefloor.

Tête de l’art : Comment se déroule votre travail en studio ?

Luke Slater : En fait, tout dépend des chansons. Certains titres viennent comme ça, sans efforts, d’autres mettent beaucoup plus de temps à se concrétiser. Ce qui est le plus dur, c’est de reproduire fidèlement ce que l’on a en tête. Ce serait vraiment cool de pouvoir se brancher directement sur les ordinateurs pour pouvoir recréer ce qu’on imagine ! (il rigole) Ouais, ça ce serait cool !

Pour faciliter les choses, je travaille toujours avec les mêmes personnes. J’ai besoin d’avoir des amis autour de moi, mais par contre, c’est moi le boss et c’est moi qui décide des sons que je veux employer !

Le son de Détroit est-il toujours aussi important pour vous ?

Non plus vraiment aujourd’hui ! J’ai aimé les premières influences musicales qui venaient de cette ville. Mais maintenant les choses ont changées et je ne veux pas me cantonner là dedans ! C’est pareil pour la drum’n’bass. J’aime bien, mais en fait, c’est juste une nouvelle orientation de la house. J’en prends, par ci par là, quelques éléments pour ma propre musique, mais c’est tout.

Sur le titre are you there, on ressent beaucoup l’influence électro…

Oui absolument ! J’adore l’électro-music. En particulier tout le courant du rock allemand, avec des gens comme Bahaus par exemple. Mais pour être plus précis, je dirais que pour chacune de mes chansons, je prends des éléments dans tous les disques que j’aime. Tel élément me plaît, de suite j’essaye de l’incorporer à ma propre musique. C’est comme ça que je travaille.

Quels sont le disques qui vous ont donné envie de faire de la musique ?

Le premier truc qui a vraiment été un choc pour moi, c’était un disque de Two by army. C’était une véritable révolution ! Le son de leurs synthés et de leurs batteries sonnait différemment de tout ce qui se faisait à l’époque. Leur production aussi était très différente du reste. Sinon, j’ai bien sûr écouté beaucoup de musique électro mais aussi un peu de rock avec Led Zep par exemple.

Y aura-t-il une tournée Luke Slater prochainement ?

Oui, sans doute l’année prochaine. Je ne suis pas encore très bien fixé là dessus. Mais je ne sais pas si je vais aimer la vie sur les routes ! Etre tous les jours dans un pays différents, dans un hôtel loin de chez soi, c’est pas trop mon truc !

En tout cas, je ne veux pas d’un show statique, même si c’est difficile en faisant de la techno… Je voudrais quelque chose de très visuel, de presque théâtral.

Qu’avez vous à répondre à ceux qui considèrent encore la techno comme de la musique « froide » ?

Je leur répondrai que la techno peut aussi bien être « chaude » que « froide ». Ils n’ont qu’à aller dans une boite et voir les gens danser pour se rendre compte que la house, la techno, ça peut être très chaud !

Propos recueillis par

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