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Deux ans seulement après la sortie de It’s Great When You’re Straight… Yeah, Shaun Ryder et son groupe Black Grape reviennent sur le devant de la scène avec le déjanté Stupid, Stupid, Stupid. Entretien avec ce frontman franc-tireur et Carl, l’un des deux rappers du band.

Tête de l’art : Qu’avez-vous fait depuis la parution du premier album ?

Shaun Ryder : On est passé par à peu près tous les états (rires). En 96, on a pas mal tourné jusqu’à Noèl, avant de s’attaquer au nouvel album. Sur la route, on y pensait déjà. Dès qu’on a pu se poser, on a commencé à l’enregistrer. Les shows étaient vraiment bien. Bonne énergie. On a poursuivi avec cette énergie-là pour le disque.

Vous aviez une ligne directrice pour l’enregistrement ?

Carl : Tout simplement essayer de recréer en studio tout ce qui avait compté pour nous les mois précédents. Retrouver le fun de la tournée, mais sans pression, cool. On a pu l’enregistrer en huit semaines, à Bath, dans les studios de Peter Gabriel.

Shaun Ryder : On était au calme. A Los Angeles, on avait déjà commencé un travail préliminaire durant l’été 96. C’est là-bas qu’on s’est mis à jammer et à rassembler les idées pour l’album.

Le définissez-vous comme un album « fun » ?

Shaun Ryder : Oh ! Oui. On l’a fait librement. Il s’est passé pas mal de temps entre Los Angeles et le retour en Angleterre. On a pu mieux définir les orientations de certains titres. Pour la première fois depuis très longtemps, on a eu le temps nécessaire. C’était vraiment fun, un état idéal pour poursuivre.

Vous avez ressenti la même chose sur scène ?

Shaun Ryder : L’attitude des kids est très positive. Ils sont sensibles à notre musique. On l’a bien vu lors des concerts. Mais jour après jour, c’est difficile de garder la même énergie sur scène. Y a des hauts, y a des bas. Mais c’est notre job. On a la chance d’être un vrai groupe. Ça enlève pas mal de pression sur chacun de nous.

Carl : Stupid, Stupid, Stupid restitue principalement cela. La vie d’un groupe en tournée, faisant la fête chaque soir avec le public.

Vous sentez-vous parfois déconnecté du music-business ?

Shaun Ryder : Non. C’est un super job. On est content d’être là. Mais y a des choix à faire pour pas se laisser bouffer.

Carl : On sait que ça fait partie du deal. Les télévisions, les interviews, tout ça c’est OK. Ce qui est ennuyeux, c’est tout le temps passé pour les vidéos, les à-côtés. C’est trop d’attente.

Shaun Ryder : Toute la promo n’est pas pesante. On visite pas mal de coins. De toute façon, on ne fait ce boulot que pour l’argent (rires).

Cela ne vous a pas compliqué la tâche de tourner en même temps que l’enregistrement de l’album dans le film The Avengers ?

Shaun Ryder : Je me suis amusé à le faire. Ça n’a duré que six semaines. J’ai pu enchaîner les deux, tourner dans le film la journée et l’enregistrement le soir, sans problèmes. Pour le film de la tournée, c’est différent. La caméra de notre pote Tom Bruggen nous a suivis pendant cinq ans pratiquement. Parfois, j’avais envie de la démolir. Et lui avec (rires).

Carl : Tu dois être concentré tout le temps pour que le résultat soit intéressant. Mais on s’est bien amusé à le faire.

Vous chantez d’une manière assez particulière, presque parlée. Comment l’expliquez-vous ?

Shaun Ryder : Je ne suis pas un performer. C’est à l’atmosphère d’un morceau et aux sonorités des mots que je m’attache. Je suis plus dans l’esprit cool du rap.

Votre producteur a dit que cet album est une « tuerie ». C’est un mot assez fort, non ?

Shaun Ryder : Danny (ndlr : Saber) n’est pas seulement le producteur de l’album. Il touche à tous les domaines. C’est lui qui a donné la consistance à l’ensemble. Le mixage a été long. On avait plein d’idées. Fallait organiser tout ça. Mais ça reste un divertissement.

Propos recueillis par et

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