Note rédigée un dimanche pluvieux par un traducteur de Dick (Pierre-Paul Durastanti) enrhumé.

Dick, c'est un peu la musique qui rythmerait ce conte de Grimm dans une adaptation où le Vaillant Petit Tailleur n'arriverait pas à occire les sept mouches d'un coup. Il ne les tuerait même pas, en vérité ; agapê ou charitas le forcerait à élaborer des pièges complexes, homéostatiques, évidemment, pour les capturer, puis à les relâcher ailleurs, là où chacune pourrait vivre sa belle vie de mouche, croirait-il avant de pleurer sur le sort cruel fait à ses protégées par la bombe insecticide.

Il y a du Petit Tailleur dans tous les personnages positifs de Dick, réparateurs de télévision, potiers, émailleurs, ce peuple de travailleurs, de "manuels", qui affronte l'adversité avec les armes dérisoires que la vie lui a données, voire consenties ou simplement laissées et qui, vaincu sur le plan matériel, l'emporte cependant sur le plan spirituel.

Dick, ou l'art de la défaite à la Pyrrhus.

Ce sont ces anti-héros, ces losers gagnants, maris trompés, employés "remerciés", mutants affligés par leur don, qui en sont venus, pour moi, à donner sa pleine mesure à cette oeuvre qu'en la découvrant, voici plus de vingt ans, je tenais déjà pour géniale, mais qui me semblait importante et novatrice dans son interrogation du réel. J'ai lu davantage depuis lors, et je me suis aperçu que ce questionnement, sur le mode de la S.-F., avait vu le jour au préalable dans la revue des années 40 Unknown (Hier, c'était lundi, de Sturgeon, Les Meilleurs récits de Unknown, J'ai Lu) et chez un auteur "classique" comme Simak (Bonne nuit, Mr. James, Tous les pièges de la Terre, Denoël, "Présence du Futur") ou Pohl (Le Tunnel sous l'univers, Histoires de robots, Livre de Poche, La Grande anthologie de la science-fiction). L'essentiel n'est donc pas là.
Pour forcir le trait : avant Dick, la S.-F. américaine met en scène des protagonistes ; avec lui, on découvre des personnages.

Au fond, j'ai suivi, en fidèle lecteur de Dick, un chemin parallèle au sien propre. Il s'est d'abord demandé : "Qu'est-ce que le réel ?", puis : "Qu'est-ce que l'humain ?", avec ce coda : "Qu'est-ce que le divin ?"

Logique, de sa logique tordue à lui, est la réponse qu'il apporte à cette dernière question : quelle qu'en soit la forme, tout ce qui transcende le réel pour l'humain. Comme dans certains de ses romans, la boucle est bouclée. Retour à l'envoyeur.
Et rideau, nécessaire et suffisant.

Pierre-Paul Durastanti









Substance vie
Alors que sort l'intégrale de ses nouvelles chez Denoël, Philip K. Dick est plus que jamais d'actualité. Dick est un virus, et nous sommes infectés.




Entretien avec Philip K. Dick
Les journalistes et écrivains D. Scott Appel et K.C. Briggs rencontrèrent longuement Philip K. Dick en 1977. Extraits des entretiens.






Les Trois stigmates de K. Dick
Jacques Barbéri, l'un des représentants les plus talentueux de la S-F française, évoque Philip K. Dick pour Chronic'art.


La Conférence de Metz
En 1977, Philippe Hupp a eu l'idée saugrenue de faire venir Philip K. Dick en France pour le festival de S-F de Metz qu'il venait juste de fonder.


Paroles d'éditeur
Jacques Chambon dirige la nouvelle collection SF de Flammarion, "Imagine". Il a édité l'intégrale des nouvelles chez Denoël. Rencontre.


Impressions d'un traducteur
Note rédigée un dimanche pluvieux par un traducteur de Dick enrhumé (Pierre-Paul Durastanti).


Surf my Dick
En bon théoricien des frontières du virtuel et du réel, Philip K. Dick a fait de nombreux émules sur la toile. L'essentiel en quatre sites.
Retour sommaire



Nouvelles
(1947-1952 et 1953-1981)


Hommes, androïdes et machines
Essai théorique de Philip K. Dick (1976)


La Transmutation de Philip K. Dick
Les derniers jours de l'auteur par Norman Spinrad


Préface des "Nouvelles"
par Emmanuel Carrère

If you think this world is bad (...)
Un document audio exclusif des préparatifs du discours donné à Metz en 1977
MP3
Real audio
Windows media player