Les journalistes et écrivains D. Scott Appel et K.C. Briggs rencontrèrent longuement Philip K. Dick en 1977, en vue de la préparation d'un livre à son sujet, "The Dream connection". Le résultat : près d'une cinquantaine de pages de discussions à bâton rompu. Extraits.

Mes méthodes de travail ont été de deux sortes. D'abord à une époque, je mourais de faim si je n'écrivais pas trois ou quatre romans par an. (...) Je me souviens du temps où je tapais le mot "Fin", où je sortais le feuillet de la machine à écrire et où j'en introduisais un autre qui disait "Chapitre premier". (...)
Puis il s'est produit deux choses : d'abord, l'épuisement. (...) C'était vers 1964, après mon prix Hugo pour Le Maître du Haut Château. Je me suis dit : il faut battre le fer pendant qu'il est chaud et je me suis mis à écrire. J'étais un dingue de l'écriture. Quelle espérance de vie accorderiez-vous à un type qui se donne pour but d'écrire seize romans en cinq ans ? Je ne me suis pas trouvé à court d'idées mais d'énergie. (...)
Deuxièmement, Terry Carr (éditeur et écrivain chez Ace Books, ndlr) m'a dit : "Tes bouquins se ressemblent comme deux gouttes d'eau". Ca, je m'en souviendrai toujours, ca s'est inscrit de manière indélébile dans mes mémoires à long terme. "N'essaye plus de comprendre ce qu'est la réalité, dis-le !". (...) C'est ça. Ils veulent que je dise ce qu'est la réalité. Seulement, moi, je n'en ai jamais eu la moindre intention, pour la bonne raison que je l'ignore. Tout ce que je peux faire, c'est demander d'une voix plaintive "Hé les gars ! Qu'est-ce qu'il y a de réellement réel en fin de compte ?" (...)
Je veux bien être pendu si je sais ce qu'est la réalité ! Mais je me suis dit : puisque c'est comme ça, je vais faire semblant. (...) Résultat : trois ans sans écrire. (...) Finalement j'ai décrété que ce qui était réellement réel, c'était l'amour. Et puis je me suis dit : tu sais, quelqu'un a déjà dit ça avant toi. Tu parles d'une révélation ! (...)
Mes habitudes de travail ont donc changé à cette époque-là. Moi qui n'avais jamais fait autre chose qu'un brouillon immédiatement suivi de la version finale, je polissais chaque mot. Même chose pour le roman suivant, Substance mort... Il m'a fallu des années. (...)
Voilà ce que sont désormais mes méthodes de travail : j'avance très lentement et je fais beaucoup de recherches - c'est-à-dire des années de recherche.

Au début je n'écrivais que des nouvelles. Mais dès que je suis passé au roman, c'est le modèle du roman réaliste français qui a tout déclenché. (...)Le fait que je sois plus connu en France s'explique facilement : j'ai tout appris d'eux... et je leur réexpédie le tout. Je n'ai donc pas beaucoup de mérite ; si j'avais maîtrisé parfaitement le roman anglais, je serais sans doute immensément célèbre en Angleterre. (...) Ce qui a joué le plus grand rôle pour moi, avant même que je me mette à écrire, ce sont tous les prétendus 'Grands Romans' que j'ai lus et étudiés. (...)
En d'autres termes, je ne me suis pas nourri de littérature de Science-Fiction. (...) J'ai eu la chance de grandir à Berkeley, où il est parfaitement naturel de lire quelqu'un comme Proust. Sans ça, on n'était pas admis dans les soirées. Il y avait aussi Henry Miller, et... bon j'ai oublié les autres. Prenez Guerre et Paix, et bien on n'osait pas aller en soirée sans l'avoir lu. Ulysse était archi-obligatoire. Finnegans Wake était optionnel, mais important. (...)
Mais il ne m'est jamais venu à l'esprit, en les lisant, que je mettrais un jour mon savoir dans mes propres romans, pour la bonne raison qu'à l'époque, je ne voulais écrire que des nouvelles. (...)









Substance vie
Alors que sort l'intégrale de ses nouvelles chez Denoël, Philip K. Dick est plus que jamais d'actualité. Dick est un virus, et nous sommes infectés.




Entretien avec Philip K. Dick
Les journalistes et écrivains D. Scott Appel et K.C. Briggs rencontrèrent longuement Philip K. Dick en 1977. Extraits des entretiens.






Les Trois stigmates de K. Dick
Jacques Barbéri, l'un des représentants les plus talentueux de la S-F française, évoque Philip K. Dick pour Chronic'art.


La Conférence de Metz
En 1977, Philippe Hupp a eu l'idée saugrenue de faire venir Philip K. Dick en France pour le festival de S-F de Metz qu'il venait juste de fonder.


Paroles d'éditeur
Jacques Chambon dirige la nouvelle collection SF de Flammarion, "Imagine". Il a édité l'intégrale des nouvelles chez Denoël. Rencontre.


Impressions d'un traducteur
Note rédigée un dimanche pluvieux par un traducteur de Dick enrhumé (Pierre-Paul Durastanti).


Surf my Dick
En bon théoricien des frontières du virtuel et du réel, Philip K. Dick a fait de nombreux émules sur la toile. L'essentiel en quatre sites.
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Nouvelles
(1947-1952 et 1953-1981)


Hommes, androïdes et machines
Essai théorique de Philip K. Dick (1976)


La Transmutation de Philip K. Dick
Les derniers jours de l'auteur par Norman Spinrad


Préface des "Nouvelles"
par Emmanuel Carrère

If you think this world is bad (...)
Un document audio exclusif des préparatifs du discours donné à Metz en 1977
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