(...) Vous partagez une autre passion avec Crumb, celle de la musique. Dans Gorazde, à travers la figure de Rikki, le rock est omniprésent...

A la différence de Crumb, je ne joue pas d'un instrument. Mais je suis passionné par le blues. Avant Palestine, j'ai regroupé dans un recueil, War Junkies, un certain nombre d'histoires dont le rock est un élément fondamental. Et lorsque je dessine, j'écoute toujours de la musique. Les Stones souvent, lorsque je dois vraiment me mettre au boulot (rires) mais lorsque j'aborde un travail sensible, où la mélancolie joue un grand rôle -je pense à Gorazde-, je penche plutôt pour le blues. Cette musique noire qui porte une profonde douleur en elle m'apporte beaucoup.

Ce sentiment d'empathie pour les minorités que vous rencontrez, notamment dans Palestine, vous a valu et vous vaut encore quelques accusations de parti pris.

La situation est comme elle est. Mon récit tout entier est concentré du côté, ou plutôt du point de vue, palestinien. Ce que vous entendez aux Etats-Unis, à l'exception du discours d'un Edward Saïd, est orienté presque exclusivement du point de vue israélien. Dans les journaux, les films, le point de vue israélien est devenu naturel. Une telle réaction est presque intégrée dans un comportement. Je voulais exprimer la voix palestienne, ou plutôt une polyphonie palestienne. J'ai essayé de rendre compte d'une certaine réalité, sans prétendre à l'objectivité.

Dans Gorazde, on souhaiterait entrevoir le point de vue serbe, au moins pour entendre des justifications, des explications...

Après mon séjour à Gorazde, j'ai séjourné un peu dans les environs. J'ai rencontré des Serbes et je travaille actuellement sur ce qui sera le volet serbe de mon travail. Mais je peux déjà vous dire que mon avis n'a pas changé sur la question yougoslave, en aucun cas. Mais ces Serbes que je diabolisais dans Gorazde, je les ai compris d'une certaine manière, sans pour autant justifier leurs actes. Ils savaient le travail que j'entreprenais, je ne leur ai rien caché. D'autant plus que par un hasard incroyable, certains d'entre eux venaient tout juste de lire dans une revue quelques pages concernant Palestine. (...)







Mr Natural
R. Crumb n'accorde quasiment jamais d'entretiens. Par fax interposés Chronic'art a tout de même réussi à l'interviewer.






La révolution permanente
Ouverture à une nouvelle révolution comix et à quelques unes de ses figures emblématiques.






Le "cartoon journalism"
Joe Sacco est une figure incontournable du petit monde du comix. Rencontre, à son retour du Festival de BD de Bastia.
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Miettes


Mr Snoid

The Sex obsessions of R. Crumb