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| 8. Dans les mythes religieux, la reproduction à l’identique traduit le mépris de la femme et de la différence sexuelle
"Berceau grec : les mythes de la création des hommes se succèdent et se ressemblent au moins sur un point. Pas moins de cinq races d’hommes successives : toujours pas une femme, tous des clones. Autre version : Prométhée créateur des hommes, mais ce sont tous des andres. Arrive Pandore, la première femme. On se dit, cette fois, avec le masculin et le féminin, que la reproduction sexuée va pouvoir commencer. Mais Pandore est un clone (fabriqué comme un artefact), et lorsque le "fils" de Prométhée et la "fille" de Pandore et Epiméthée, rescapés du déluge, deviennent le couple fondateur de la nouvelle humanité, c’est "chacun pour son sexe" : les pierres lancées par l’homme engendrent des hommes et les pierres lancées par la femme deviennent des femmes. On ne sort toujours pas du clonage". Chez les grecs, rien ne raconte d’où viennent, d’où naissent les individus uniques, et non plus copies. On n’explique rien par le croisement des sexes, aux connotations impures. Plutôt qu’une femme souillée, plutôt qu’une explication triviale, on propose la reproduction à l’identique. L’image de la femme est sombre. Quand elle n’est pas inexistante, elle incarne le mal. La culpabilisation que va introduire ensuite la tradition chrétienne est déjà là. La femme porte le poids de la différenciation des sexes. Elle est un homme diminué, un symbole facile de la déchéance. Et la mythologie n’est pas seule responsable de cette négation de la femme. La Bible propulse cette image au premier plan : Eve ne naît pas sexuellement. Elle est l’introduction du mal dans l’Eden et "mérite" à ce titre une punition : "Tu enfanteras dans la douleur". 
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