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| 6. La notion de clone au coeur des mythologies grecques et romaines
Les textes mythologiques, grecs ou romains, sont sans cesse parcourus de fantômes, d'ombres ou de sosies, utilisés bien souvent dans l'unique objectif de tromper. L'imaginaire du clone, qui s'inscrit ainsi au plus profond de notre culture occidentale, vient de là.
Troie, toujours, nous livre ainsi la légende du Palladion, reprise dans l'Enéide : encore un leurre, introduit pour sa duplicité. A l'origine une statue qui donne sa force à la cité, mêlée à cinquante statues parfaitement identiques dont le rôle est de masquer la seule vraie. Puis, on entre dans la logique du clone création vivante : quand on essaie de s'en emparer, le Palladion s'anime. On est dans la lignée des statues vivantes égyptiennes.
Prenons Pandore. On butte sur la fameuse boîte d'où se seraient échappés tous les maux, version de l'histoire récente et réductrice. En revanche, qui se souvient qu'elle n'était pas une femme, mais un artefact ? "Pandore ne ressortit pas seulement de l'art de Dédale en tant qu'elle est couverte de daidala, mais en tant qu'elle est une statue, une image en trois dimensions animée de cette vie dédalique. L'image, dans cette tradition du daidalon, est indissociable de la reproduction de la vie : de la simple figuration du vivant au simulacre, si parfait qu'il peut jouer comme leurre, jusqu'à la croyance en la possibilité d'animer véritablement de vie une image. Dans la version de Calderon, Pandore est une statue animée de vie à l'image de Minerve. Dans le système de Bruno fondée sur des statues animées qui servent d'images de mémoire, la statue de Minerve joue un rôle clé. Pandore s'inscrit dans la série des mythes qui lient les arts de la mémoire aux statues et à l'architecture". Mais Pandore, ce n'est pas seulement l'art dédalique de l'architecture, c'est l'enjeu de la vie de la Cité : "Pandore, c'est le don ambivalent de Zeus aux hommes pour combler la double lacune de la création de Prométhée : l'art d'administrer les cités, mais aussi une création où il n'y a que des andres, que des hommes". 
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