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| 4. Les " statue vivantes " égyptiennes sont les ancêtres d'une longue lignée, des automates aux clones virtuels.
"La "nouveauté" des créatures virtuelles ne doit pas nous rendre amnésiques. Ces automates d'un nouveau type, aux postures animées par les techniques de la "Vie Artificielle", renvoient non seulement à leurs prédécesseurs, les automates mécaniques du XVIIIe siècle, mais aux "statues vivantes" égyptiennes considérées par les historiens comme les ancêtres communs des automates et des marionnettes". Nous n'avons rien inventé. Retour vers l'Egypte ancienne. Les statues "vivantes" y sont des représentations en trois dimensions, capables de s'animer de vie selon les rites magiques qu'on leur applique, alors qu'aujourd'hui nos créatures virtuelles sont censées s'animer par la grâce d'opérations scientifiques et de recherches du type vie artificielle. Avec cette même idée que le principe vital réside ailleurs que dans le simple matériau: "Christopher Langton, père de cet étrange science, n'a cessé de répéter que la vie était une forme d'organisation dynamique complexe fondamentalement indépendante de son support matériel. C'est pourquoi il est convaincu que la vie peut "hanter" d'autres matières physiques que celle sous laquelle elle se présente dans la forme de vie que nous connaissons. A ce titre, la "Vie Artificielle" peut se revendiquer de la longue tradition des automates dont on s'accorde à voir l'origine historique dans les "statues vivantes" égyptiennes, que le ka du Dieu venait habiter. Si la statue peut apparaître vivante, c'est que le principe vital n'est pas censé résider dans le matériau (glaise, bois..) mais dans le Ka. Dans les croyances égyptiennes, de la même manière que l'on insuffle son ka à la statue d'un Dieu par le nez, la bouche et les oreilles, un spectre peut s'introduire par les mêmes orifices dans une forme humaine".
Mais ces statues ne sauraient rester vivantes sans la pratique des rites : "Le mort ne continue à avoir un ka que pour autant qu'on entretient sa mémoire par des rites qui sont la manifestation visible du souvenir. Le véritable culte des Egyptiens, c'est celui de la mémoire". Ces statues traduisent donc la mémoire de la société égyptienne, et posent des questions très contemporaines sur cette notion de mémoire, mais aussi sur le temps et le désir de vie éternelle : "En Egypte ancienne, ni les dieux ni les statues vivantes ne sont immortels. Pour qu'ils restent vivants, il faut les nourrir avec des parfums rituels. La mémoire n'est pas éternelle par principe: parce qu'elle est vivante, elle se nourrit. Mais le secret de la mémoire égyptienne, c'est aussi l'oubli. C'est ce qu'aurait appris Hélène réfugiée, d'après Euripide, auprès du roi d'Egypte Protée. Or, Protée, avant d'être présenté par Hérodote comme le roi d'Egypte, apparaît dans l'Odyssée comme un vieillard qui ne livre ses prophéties qu'à celui qui est capable de le capturer, malgré ses métamorphoses protéiformes. La rencontre de Protée est donc le lieu d'une double initiation à cette force de renouvellement et de régénérescence qu'est le temps, qui se nourrit d'oubli et de métamorphoses, pour qu'advienne du nouveau. C'est à cet art du temps qu'aurait été initiée Hélène, pendant qu'on se battait...pour son clone". 
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