11. Le clonage selon Raël ou le fantasme d’une origine supposée qui se réaliserait par la technique

Avec le clonage humain, Raël fait en quelque sorte de la religion appliquée. La côte d’Eve n’était qu’une fable, idéologiquement dangereuse selon Isabelle Rieusset-Lemarié. Comme elle l’écrivait dès 1999 au cœur de son livre, "Dans cette histoire de la création d’Eve à partir d’une côte d’Adam, des sectes contemporaines ne manqueront pas de voir le récit d’une technique sophistiquée de clonage capable à partir de cellules déjà différenciées d’une partie du corps, de donner naissance à un nouvel être". De fait, aujourd’hui, les raëliens sont trop contents de pouvoir refermer la parenthèse de deux siècles de théorie de l’évolution. Les mythes de la création leurs semblent en effet plus proches de la vérité qu’ils prétendent détenir : d’après leurs théories, l’être humain aurait été "créé "scientifiquement en laboratoire" par les Elohim, "grâce à une parfaite maîtrise de la génétique""… Et maintenant, les voilà qui annoncent le "nouveau stade d’une humanité mature parvenant enfin à la maîtrise de la technique de son origine, le clonage". Et on revient à ce fantasme, plus dangereux que jamais à l’ère des sciences du vivant : "Un clone humain c’est le rêve d’un homme qui ne devrait quasiment plus rien à la mère nature. C’est le rêve de l’homme d’échapper à sa nature "dégradante", animale, et de se concevoir comme un pur produit de l’intelligence humaine, comme un pur artefact".