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| 10. Le clonage humain traduit la négation du temps et une volonté de concrétiser le rêve de la vie éternelle
Le clonage est aussi un déni du temps. Depuis toujours s’établit un lien entre sexualité et mortalité. Bien des éléments de nos mythologies religieuses sont fondées sur l’idée d’immortalité, alors qu’il faudrait "travailler l’importance de la mort, indissociable de la vie, évitant ainsi une reconduite du même et du clone à l’éternel". Le clone réalise notre fantasme de vie éternelle. Isabelle Rieusset-Lemarié prend une métaphore organique pour refuser cette logique : "La cellule cancéreuse se reproduit aux dépens de l’organisme, "pour son propre compte", mais sa reproduction est potentiellement sans fin, et c’est pourquoi elle est désignée par les biologistes comme "immortelle". La logique du développement des cellules cancéreuses est celle de la reproductibilité massive, potentiellement infinie " et destructrice de l’organisme. " Le cancer est une des métaphores du clonage dont il éclaire à la fois la logique de reproduction et les fantasmes dont, tout particulièrement, le fantasme d’immortalité". Et de conclure : "On est au cœur de l’idéologie de clonage qui prétend qu’il suffit de reproduire un organisme vivant à l’identique pour lui conférer l’immortalité". C’est d’ailleurs l’argument des raëliens dès 1997 : "Le clonage permettra à l’humanité d’atteindre la vie éternelle". Rien que ça. Dès que seront maîtrisées les méthodes pour transmettre à des clones fabriqués de toute pièce notre mémoire, la vie pourra être changée de support en conservant ses acquis. Mais il est quand même une chose : "La reproduction comme pure duplication est l’anti-mémoire. Elle est fantasme d’immortalité, négation du temps". Négation de notre mort. De notre identité aussi. 
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