POUR RAEL, LE CLONAGE HUMAIN EST LA PREMIERE ETAPE VERS "LA POSSIBILITE POUR TOUS DE DEVENIR ETERNELS". EXPLICATIONS AVEC L'AUTOPROCLAME DEMI-FRERE DE JESUS, ENTOURE DE SES DISCIPLES.
Version longue de l'entretien publié dans Chronic'art #10 (été 2003) en kiosque.
Lire également "Le bric-à-brac du raëlisme"

Raël : J'ai moi-même été éditeur (1), je connais donc la difficulté de faire un magazine. Quel est la cible de Chronic'art ? Les jeunes ?

Chronic'art : Les 18-35 ans, public urbain…
Ce sont des amateurs de BD, je vois ça dans le magazine…

Entre autres, de culture en général…
Le magazine existe depuis longtemps ?

Il est d'abord né sur Internet en 1997, puis la version kiosque est apparue en 2001.
Votre cible est donc la génération Internet, parfait. Il faut que je vous parle de ma vision d'Internet, c'est magnifique. J'en parle dans mon livre Oui au clonage humain, je ne sais pas si vous l'avez lu…

Non, on a pas eu l'occasion de le lire…
Bien, le voilà, vous partirez avec… Pour moi, l'Internet est un phénomène religieux. Lorsqu'on est sur le Net, on se sent relié puisque par définition on est connecté avec tout le monde. Cela relève d'une expérience religieuse. Autrefois, les gens allaient dans les églises et dans les temples - ils n'y vont plus aujourd'hui heureusement - pour se sentir reliés avec les autres, et avec quelque chose au dessus d'eux, à travers une religion, une philosophie. C'est fini tout ça : les jeunes préfèrent rester sur l'ordinateur plutôt que d'aller à la messe le dimanche matin et ils ont raison. Au lieu d'être connectés avec le village, ils sont réellement connectés avec des jeunes Russes, Mongols, Chinois, toute la planète… voilà pourquoi je dis que l'Internet est une expérience religieuse. Et contrairement aux fausses rumeurs que les anti-progrès de tout poil ont fait courir - beaucoup disent que le réseau isole les gens -, il s'avère que les internautes soignent leur dépression, sortent de leur solitude. De nouvelles études de psychologues américains ont prouvé que nombreux sont les dépressifs qui guérissent grâce à l'Internet. Via les jeux vidéo aussi, c'est d'ailleurs une autre de mes passions. Les jeunes qui passent beaucoup de temps sur Internet sont plus sociaux que les autres. C'est passionnant, il faut le dire ! Car il y a toujours les vieux "barbons" qui, comme autrefois avec la télévision, soutiennent aujourd'hui qu'il n'est pas saint pour les plus jeunes de passer trop de temps devant l'écran de l'ordinateur. Moi je dis aux parents d'acheter un ordinateur dès que les enfants sont capables de bouger une souris, avant même de savoir écrire. Pas besoin de savoir écrire pour utiliser un ordinateur. L'enfant clique tout simplement sur des animaux ou sur des symboles. On retrouve d'ailleurs un peu ici les idéogrammes. Que sont tous ces symboles sur Internet sinon des idéogrammes. Le pré-alphabétisme quasiment, cela rejoint l'alphabet chinois et japonais à l'origine de civilisations extraordinaires. De là nous vient à peu près tout ce qu'il y a d'important sur la Terre : le papier, la roue, la poudre (on aurait pu s'abstenir pour la poudre). C'est eux aussi qui ont inventé les spaghettis et non pas les Italiens ! On retrouve ces idéogrammes sur Internet, les icônes d'Explorer par exemple, etc. On les reconnaît immédiatement. Plus les enfants découvrent ça jeune, plus ils sont intelligents, sociables et heureux. L'autre versant, ce sont les jeux bien sûr…

Vous jouez ?
Enormément ! Disons que je termine d'abord mon travail, parce que j'ai quand même une mission à accomplir, mais j'essaye de le faire le plus vite et le mieux possible, les deux allant de paire à mon sens : quand on travaille vite, on travaille bien. Si je peux jouer douze heures par jour, je le fais ! Je me lève très tôt (vers 5-6h du matin) et si je peux finir en trois heures ce que j'ai à faire, c'est merveilleux ! Si je peux le faire en deux heures, c'est encore mieux (rire). Généralement, ça m'amène jusqu'à 10h. Donc, en moyenne, je travaille pendant cinq heures. Ensuite, tout le reste de la journée, je joue devant l'ordinateur. Je joue et je surfe sur Internet… mais principalement je joue. Les jeux vidéo, c'est quelque chose d'extraordinaire. D'ailleurs, c'est un petit scoop que je vous donne, je prépare un jeu qui va s'appeler Raël city, le site Internet est déjà réservé. Ce sera le premier jeux vidéo de sexe virtuel, puisque nous sommes également pour la libération sexuelle. Il s'agira d'un village où les gens pourront se balader et pratiquer le sexe virtuel, avec des hôtels pour des gays, des black, pour ceux qui veulent se mélanger avec tout le monde… pour toute les fantaisies sexuelles possibles. Nous donnerons aussi la possibilité de faire se rencontrer les gens en vrai s'ils ont pris plaisir à jouer leur avatars.

C'est un projet ou le jeu est-il déjà en cours de réalisation ?
Il y a déjà une équipe qui travaille dessus. Moi j'ai simplement écrit le scénario. J'adore les ordinateurs, mais je suis trop paresseux pour programmer. Je pense que j'aurai l'intelligence pour le faire, mais je trouve cela fastidieux. C'est une équipe en Australie qui s'en occupe.

Le clonage donc…
Oui (rire). J'ai commencé par l'Internet car c'est votre territoire (rire)

Votre Sainteté (2), pour commencer, pouvez-vous nous brosser un rapide état des lieux - où en est le mouvement raëlien avec le clonage, combien de bébés y a-t-il, comment vont-ils ?
Je vous coupe la parole : le "Votre Sainteté" n'est pas nécessaire. Il est indispensable parce qu'en général les médias interviewent le Dalaï Lama avec respect. Avec lui, c'est "Votre Sainteté" par-ci, "Votre Sainteté" par là… Le Pape, pareil. Et lorsque l'on m'invite moi, on me traite avec mépris. Puisqu'ils ont voulu jouer à cela, je me suis dis qu'ils devraient s'y faire pour moi également. Evidemment, nombreux sont ceux qui refusent de m'appeler ainsi, donc ils ne viennent pas et c'est tant mieux. C'est un peu une arme de dissuasion anti-cons, si je peux me permettre (rire). Quand on regarde la philosophie qu’il y a derrière le Pape et le Dalaï Lama, c'est quand même plus que moyenâgeux et limité, et on y va malgré tout avec un respect extraordinaire. Mais moi, parce que je représente un nouveau mouvement, minoritaire, on me traite par dessus la jambe. J'insiste, jamais personne ne m'appelle comme cela, sauf les journalistes imbéciles.

C’est noté. Revenons-en à cet état des lieux : combien de bébé clonés, et comment vont-ils ?
Pour le clonage, je tiens à préciser quelque chose qui a déjà été dit mais que les médias menteurs ne rapportent pas : la compagnie de clonage appartient au Docteur Boisselier, elle est complètement séparée du mouvement raëlien. J'en ai simplement été l'inspirateur. Je suis pour le clonage depuis que j'ai reçu le message des Elohims qui explique pourquoi cela va nous permettre d'avoir la vie éternelle et de guérir toutes les maladies. J'ai lancé le projet sous forme d'un site Internet, sans avoir l'idée de créer un laboratoire, jamais ! Lorsque la brebis Dolly est née, je voulais donner la parole aux gens qui étaient pour, parce que les médias ne donnaient la parole qu'à ceux qui étaient contre, d'une façon unanime. Il est politiquement correct d'être anti-clonage ou anti-OGM. Comme il est politiquement correct, en France, d'être anti-secte. Il y a des gens qui pensent le contraire, à juste titre, et il faut qu'ils aient la parole. L'Internet a cet avantage sur les médias ordinaires : il permet à tout le monde de s'exprimer. J'ai donc créé www.clonaid.com et des milliers de gens se sont exprimés. Des journalistes, des scientifiques, des investisseurs et, surtout, des clients potentiels. On a accumulé une liste de 2 000 personnes prêtes à tenter l'expérience. Deux ans après le lancement, Brigitte Boisselier, alors en charge du site, est venue me voir en me signalant que nous pouvions, après la théorie, passer à la pratique. J'ai accepté. Je lui ai demandé de créer une compagnie privée, avec deux conditions : d'abord, ne pas mettre au monde un monstre ou un handicapé, car ce serait une mauvaise publicité pour la science en général ; ensuite, accepter de ne percevoir aucun centime d'euro en provenance du mouvement raëlien. Elle a créé une première société aux Etats-Unis avec Mark Hunt, un avocat américain. Tout le monde disait que c'était un canular et, finalement, la Food and Drug Administration (FDA) a découvert le labo en organisant des écoutes téléphoniques illégales (3). Mark Hunt s'est donc retiré du projet sous la pression de la FDA. Brigitte a créé ensuite plusieurs sociétés dans d'autres pays, avec des noms et des localisations secrètes, plus qu'auparavant encore. De plus, je lui ai appris à ne plus se servir des téléphones cellulaires… Personnellement, je ne connais ni le laboratoire, ni les scientifiques, ni les parents des premiers bébés clonés. Et je ne veux pas les connaître pour ne pas avoir à mentir. Je demande seulement à Brigitte de me signaler ce qui arrive.

(1) Au début des années 70, Raël est chroniqueur sportif, spécialisé dans le domaine automobile, avant de créer sa propre revue "Auto Pop". Le magazine stoppe sa parution après le choc pétrolier de 1973, suite aux mesures drastiques prises par le gouvernement contre les courses et rallyes auto en France.

(2) Sur les formulaires d'accréditation média, il est mentionné : "Il est convenu qu'en présence de Sa Sainteté, toute personne s'adressant à lui pour entrevue ou autre, le fait sous l'appellation : "Votre Sainteté"".

(3) Selon Raël, Brigitte Boisselier va prochainement poursuivre les autorités américaines "parce que les écoutes téléphoniques sont illégales, sauf dans le cas d'activités criminelles. Or il n'y avait rien de tout cela avec le projet Clonaid".