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sur 5

En cette période de Noël, les films pour enfants se succèdent et ne se ressemblent pas. A mille lieues de l’odieuse machine à fric style The Grinch, Thomas le fauconnier est un conte moyenâgeux on ne peut plus sincère, une ode saine et joyeuse à la nature. Jeune garçon d’une douzaine d’années, Thomas possède un véritable don : il comprend le langage des animaux et réussit à communiquer avec eux. Amoureux de la jolie princesse Formina, notre héros va tout mettre en œuvre pour conquérir son coeur, même si celui-ci est promis au noble Ostrick. C’est en démasquant les traîtres qui évoluent à la Cour du roi que Thomas fera preuve d’une sagacité et d’un courage exemplaires…

Le cinéma tchèque (ou slovaque) destiné aux bambins a le pouvoir d’évoquer des souvenirs diffus liés pour la plupart à l’école primaire, aux projections artisanales de quelques films venus des pays de l’Est. Réminiscences d’images et de personnages naïfs, d’immenses contrées arides ou neigeuses, d’ambiances hivernales propices à l’onirisme. Derrière la flamboyance des costumes et des décors, des robes de fées et des châteaux médiévaux, se dégageait avant tout la prégnance d’un sentiment de tristesse et de pauvreté. Comme si le lyrisme de ces films, leur exaltation d’un certain romanesque peinaient à cacher l’absence de budget, la mélancolie issue des paysages et l’impression d’assister à un spectacle étrange, loin de nos préoccupations et de nos références enfantines. Thomas le fauconnier produit le même effet, séduisant par la sympathique innocence de ses propositions (la danse de Thomas et Formina dans la boue, la complicité qu’entretient ce dernier avec l’ensemble des animaux) sans jamais convaincre vraiment, faute de moyens et de proximité avec le spectateur français. Le film de Vaclav Vorlicek dépayse, mais il lui manque un ancrage contemporain pour s’émanciper de son cachet purement slovaque, de son appartenance à une narration définitivement surannée. Paradoxalement, c’est sa pureté d’un autre temps qui fait le charme de cette aventure au sein d’un genre gouverné par la débauche de violence et de vulgarité…

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