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Après le succès du Scream de Wes Craven – film d’horreur qui fait constamment référence aux classiques du même genre-, nous avons eu droit ces derniers temps à toute une vague de films et séries TV tous aussi débiles qu’opportunistes (cf. Souviens-toi de l’été dernier, Scream 2, Buffy et les vampires…). C’est avec un certain retard que Robert Rodriguez s’est mis à suivre le mouvement afin de nous pondre son lourdingue The Faculty.

Le fonctionnement est exactement le même que dans tous les autres « films d’horreur bâtards » actuellement à la mode : une série de meurtres étranges se produit dans un campus où, comme par miracle, toutes les filles possèdent une poitrine énorme… Ici, l’ambiance est tendance rock’n’roll, les garçons sont cools et les profs sympas. Mais un germe mutant de l’espace vient soudain mettre le désordre dans cette vie de rêve, en rendant les gens bizarres. Bien heureusement, nous aurons droit à un happy-end creux à souhait où de nouveaux couples entre ados se formeront…

Contrairement à Scream, où Craven jouait avec les multiples références (avec par exemple Halloween de Carpenter ou encore son propre Freddy), The Faculty n’est qu’une succession incohérente de plagiats. Invasion of the body snatchers par exemple. Rodriguez n’hésite pas à aller jusqu’à pomper (intégralement !) le concept de ce film mythique et, au passage, à reprendre des éléments de chacune des trois versions ayant été tournées. Bizarrement, la méthode utilisée par le réalisateur pour faire passer la pilule est très simpliste. En criant ouvertement que son film est un plagiat (le titre Invasion est souvent cité oralement par les personnages), il espérait peut-être rendre son film plus personnel -où que les spectateurs seront assez faibles d’esprit pour ne rien voir passer…

Dans le même genre d’imbécillités, nous pouvons aussi retrouver entre autres, un énorme pompage d’une séquence du The Thing de Carpenter, adaptée pour les teen-agers de la génération MTV. La scène de tests sanguins du film original est en fait transformée ici -summum du n’importe quoi- en une série de passages obligatoires au rail de poudre (seul moyen de repérer les aliens). Il est vrai qu’une bonne petite ligne de coke, ça fait beaucoup plus rebelle qu’une vulgaire prise de sang… En décalquant maladroitement la construction de Scream, et en singeant les classiques du film d’horreur, The Faculty ne réussit donc qu’à être un ersatz mettant en scène d’autres ersatzs. Rodriguez signe avec cette chiure une magnifique mise en abîme du rien.