1
sur 5

Certaines sagas s’enrichissent d’années en années dans l’indifférence générale. C’est le cas de The Crow, dont la matrice est une bande dessinée alternative créée par James O’Barr à la fin des années 80. S’inspirant aussi bien du mouvement post-punk des seventies (Bauhaus, Joy Division, etc.) que de Williams Burroughs, l’œuvre d’O’Barr est vite devenue culte, sans oublier de séduire Hollywood au passage. Que reste-t-il à l’écran des belles influences du dessinateur ? De la clinquance urbaine, du tape-à-l’œil pseudo-gothique, une esthétique publicitaire aux images bien léchées. On se souvient vaguement du premier film de la série et de l’ »accident » de tournage qui coûta la vie au jeune Brandon Lee, fils de Bruce. Ressuscité via une doublure et de bons effets spéciaux numériques, l’acteur affrontait une horde de vilains et jouait de la guitare électrique sur le toit d’un immeuble, le tout dans une ambiance noire factice mâtinée de heavy metal. Le second épisode nous a, quant à lui, échappé, malgré un casting amusant (Vincent Perez + Iggy Pop).

Voici donc The Crow 3, pompeusement sous-titré Salvation. Alex Corvis (Eric Mabius, crédible) est injustement accusé du meurtre de Lauren, sa petite amie. Exécuté sur la chaise électrique, Alex revient pourtant à la vie, le visage peinturluré comme un membre de Kiss. Guidé par un corbeau, le jeune homme va mener l’enquête afin de découvrir le véritable assassin de Lauren, aidé en cela par Erin (Kirsten Dunst), sœur de la victime. Rien de bien neuf au pays du volatile vengeur, mais une bonne surprise : l’inaudible hard-rock d’origine s’est mué en une bande-son plus fréquentable où l’on retrouve d’excellents morceaux signés Hole ou Tricky. Pour le reste, The Crow 3 marche sur les brisées de ses prédécesseurs sans atteindre toutefois le ridicule du premier volet. Bien que totalement gratuit dans ses recherches visuelles (on notera notamment le regard subjectif du corbeau, tout en angles déformés), le film demeure assez soigné, Bharat Nalluri comblant comme il peut le manque d’originalité de l’entreprise.

PARTAGER
Article précédentLa Bostella
Prochain articleGladiator