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3
sur 5

Réalisé par le producteur de Nick Broomfield (documentariste spécialisé dans les sujets sulfureux), The Bible and gun club relate les aventures improbables de cinq V.R.P. bedonnants, spécialisés dans la vente de bibles et d’armes à feu, lors de leur congrès annuel à Las Vegas.

A moitié improvisé, à moitié écrit, The Bible and the gun club reprend les caractéristiques esthétiques de la plupart des films indépendants fauchés actuels : caméra épaule et gros grain pour le noir et blanc qui rappelle immanquablement les grandes périodes du cinéma direct des années 60 (Wiseman, Leacock…). Comme ses modèles, le film s’attache à présenter une vision très sombre des Etats-Unis à travers le portrait de ces hommes qui s’acharnent à vendre ce qui, pour eux, est le symbole du pays de la Liberté : la croyance immodérée en Dieu et la liberté de pouvoir se défendre.

Le film est d’autant plus dérangeant que les scènes documentaires qu’il comporte s’inscrivent parfaitement en son sein au point d’être parfaitement intégrées au déroulement de l’action. Mais il brille également par sa galerie de personnages tous plus décalés les uns que les autres ; autour des vendeurs idéalistes, héros de ce film on trouve en vrac : un ex-rabbin reconverti, un ancien flic psychopathe obsédé par Neil Diamond et des actrices de porno ou un dépressif qui revoit sa vie défiler dans ses rêves depuis qu’il est convaincu de sa mort imminente.

Cependant, malgré des qualités indéniables The Bible and gun club pêche par son aspect improvisé qui donne plus l’impression de regarder une série de sketches qu’un film à part entière. L’unité fait souvent défaut au film. On peut également regretter que Daniel J. Harris n’ait pas réussi à se démarquer davantage de la production locale en matière de cinéma indépendant, dont il garde malheureusement les stigmates (jouer par exemple sur le fait d’avoir pleinement conscience du manque de budget sans essayer de passer outre). Néanmoins The Bible and gun club reste un premier film plus qu’honorable qui nous fait croire en l’avenir de son réalisateur.