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sur 5

L’été est chaud à Brooklyn. Les batailles de pistolet à eau font rage dans les rues. Les parties de poker, les vraies, celles où on joue, où l’on gagne, où l’on perd le peu d’argent qu’on avait en poche, aussi. Elles permettent d’occuper les nuits des enfants qui n’en sont presque plus. Leurs jours, eux, sont emplis d’autres combats : ceux qui ont lieu sur les terrains de basket, lors des tournois de rue.
C’est cet été-là que tente de retracer Danielle Gardner dans son premier long métrage documentaire. Pour nous introduire dans ce monde, fermé, la réalisatrice a choisi de nous faire découvrir le parcours d’un jeune basketteur prometteur : Booger.

Mais elle ne parvient pas à nous dévoiler la personnalité de cet adolescent complexe. Succession d’entretiens avec l’entourage du « champion », images virevoltantes tournées lors des matchs sur le terrain de basket, multiplication de plans léchés des rues de New York : rien de tout cela ne nous rend l’âme de Booger sensible. Et pourtant, même pour des néophytes, le parcours d’un jeune espoir du basket peut se révéler passionnant ! Traitant du même thème, Hoop dreams, remporta un prix au Festival de Sundance et un succès en salles en 1994. Tourné à Chicago par Steve James, Fred Max et Peter Gilbert durant 6 années consécutives, il faisait de deux jeunes apprentis basketteurs les héros d’un film à suspens plein de rebondissements…

Dans Soul in the hole, malgré quelques bons moments, le seul fil conducteur du film reste sa chronologie : jours après jours, tournoi après tournoi, l’été s’écoule sans éclats… Dans la dernière partie, un léger suspens fait son entrée : l’équipe de Kenny va-t-elle gagner le tournoi ? Booger va-t-il réussir à intégrer une équipe universitaire ? Mais la réalisatrice n’a pas fait son choix, elle hésite entre la description sociale, le clip musical et un destin dramatique… A trop vouloir esthétiser son sujet, elle en a dilué la substance : ne restent que de sympathiques tranches de vie. Alors consolez-vous, pour vibrer sur un terrain de basket, rien ne vaut une petite dose de Hoop Dreams, guettez-en la prochaine diffusion, c’est de l’émotion pure !