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Simon au pays des globules est, en quelque sorte, un remake pour enfants de L’Aventure intérieure, réalisé par Vibeke Idsöe. L’histoire : réduit à la taille d’un microbe, un petit garçon voyage dans le corps de son grand-père afin de le soigner d’une maladie très douloureuse… Dès les premières minutes, la démarche de la cinéaste norvégienne nous laisse perplexe : où veut-elle vraiment en venir avec un tel monument de niaiserie et de mauvais goût esthétique ? S’amuse-t-elle à jouer avec nos nerfs ? Veut-elle nous pousser à bout, nous forcer à sortir de la salle avant la fin de la séance, comme le font les plus opportunistes des cinéastes conceptuels en jouant au concours du film le plus irritant ? A vrai dire, rien de tout cela, la vérité est bien plus effrayante…

Vibeke Idsöe a en fait réalisé Simon au pays des globules de la manière la plus simple qui soit, et sa volonté de sincérité naïve qui transparaît au sein d’un film aussi ridicule crée un sentiment de déprime chez le spectateur. Mais au-delà du caractère soporifique du film que les adultes ressentiront immanquablement, une énorme faute de goût rend ce long métrage assez alarmant… D’un point de vue plastique, cette petite aventure dans le corps humain se rapproche bien plus d’un film de David Cronenberg que d’Il était une fois la vie… L’atmosphère morbide que crée, par exemple, la vision intérieure des poumons cancéreux du grand-père, paraît légèrement déplacée, et ne permet vraiment pas à la réalisatrice d’atteindre son but initial (amuser les enfants tout en leur donnant un petit cours de biologie…). La visite du conduit urinaire ou de l’estomac rempli de bile n’arrangent pas non plus les choses (la séquence de l’estomac contenant une référence à L’Exorciste -dans laquelle on peut voir une vieille femme vomir un liquide glaireux verdâtre au visage d’un homme)… Finalement, ce film est plus une punition qu’un cadeau pour les enfants.