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4
sur 5

Pour ceux qui n’auraient pas suivi les deux épisodes antérieurs, aucune inquiétude à avoir : Scream 3 remet les compteurs à zéro et pose le doute sur tout ce que l’on a pu apprendre précédemment. Les héros, eux, n’ont pas changé de visage. Sidney (Neve Campbell) vit désormais en ermite anonyme dans une maison très protégée, au fin fond d’une forêt. Gale (Courteney Cox) est une journaliste de plus en plus cotée, et l’ex-flic Dewey (David Arquette) a décroché un poste de conseiller sur le tournage de Stab 3, film inspiré des événements terrifiants survenus dans la petite ville de Woodsboro.

Comme d’habitude, tout commence par un meurtre spectaculaire qui relance la mécanique de la peur et rétablit le contact entre les protagonistes. Après l’exposition d’usage et la présentation des nouveaux intervenants (l’équipe de Stab 3, véritable microcosme de victimes et de bourreaux potentiels), Wes Craven passe très rapidement à la vitesse supérieure via une succession ininterrompue de climax horrifiques. Armé d’un scénario plus malin que jamais, le cinéaste enchaîne les rebondissements, les clins d’œil (on notera les apparitions de Kevin Smith et de Carrie « Princesse Léia » Fisher) et autres mises en abyme avec une dextérité confondante et à une vitesse telle que le spectateur le plus rusé n’est jamais en mesure de prévoir qui va surgir dans le plan, qui sera assassiné et de quelle façon. Car Scream 3 est, plus encore que ses prédécesseurs, une œuvre fondée sur le simulacre. Ici, rien n’est jamais acquis (comme l’affirme le slogan sur l’affiche : « Il n’y a plus de règles ») et c’est ainsi que les cadavres peuvent en toute logique se révéler bien vivants, tandis que les indices menant au coupable fonctionnent aussi en tant que leurres… C’est ce chaos permanent, grand-guignolesque et presque absurde qui rend l’entreprise jubilatoire de bout en bout. En outre, la grande idée du film repose sur la confrontation de Sidney and Co avec les acteurs qui sont censés les incarner dans Stab 3. Gale se retrouve ainsi entichée de Jennifer (Parker Posey, dont le jeu outrancier fait merveille), actrice médiocre et surfaite qui mène l’enquête en jouant à la superstar, réussissant à faire passer son modèle pour un exemple de sobriété. Un couple inattendu et hilarant qui traverse Scream 3 en rivalisant de hurlements, fermement scotchées l’une à l’autre. Burlesque et flippant, ludique et surprenant, ce dernier (?) volet de la trilogie nous confirme que l’horreur sied bien mieux à Craven que Meryl Streep et ses violons…