3
sur 5

Le genre du slasher movie ayant atteint comme chacun sait un nouvel apogée, son pendant parodique devenait inévitable. Si l’on échappe cette fois-ci à l’humour limite du vieux Leslie (Nielsen), Scary movie ne fait pas plus dans la dentelle que les célèbres films du trio ZAZ (alias Zucker, Abraham, Zucker, auteurs de l’incontournable série des Y a-t-il…). Bimbos aérophages, éjaculations explosives et profs de gym transsexuels sont donc au rendez-vous de ce pastiche très axé sur le cul. Et l’on ne s’en plaindra pas, la plupart des gags atteignant leur but : provoquer l’hilarité de ce gros porc de spectateur. Puisque pour accéder au plaisir il faut parfois savoir se vautrer dans la fange du mauvais goût et des bonnes blagues vaseuses, l’on accepte notre sort avec une résignation complaisante, tout de même un brin honteux de rire devant cette avalanche de stimuli scato.

On regrette d’autant plus l’absence d’un scénario digne de ce nom, d’une charpente capable de soutenir un peu mieux les mille et une déclinaisons potaches imaginées par les frères Wayans autour de Scream, Souviens-toi l’été dernier ou Le Projet Blair Witch. Du coup, Scary movie n’est rien d’autre qu’une succession de saynètes inégales réunies à la va-comme-j’te-pousse grâce à un unique leitmotiv : l’attaque du tueur masqué imaginé par les auteurs de Scream, sans conteste le plus moqué des titres cités ci-dessus. Surpris dans les postures les plus ridicules, tour à tour stone, trébuchant ou même effrayé (un comble !), notre assassin cagoulé reste l’une des meilleures inventions du film, ce qui n’est pas le cas de tous les personnages. Les dérivés grotesques de Courteney Cox et David Arquette, interprétés par de mauvais acteurs, font ainsi piètre figure par rapport à d’autres créations plus élaborées (et mieux jouées), comme l’accro à la marijuana ou l’homo refoulé tapotant le cul de ses partenaires de football américain. Mais l’on pardonnera aisément ces petites faiblesses à des types qui parviennent à faire péter sur grand écran l’une des vedettes d’Alerte à Malibu

PARTAGER
Article précédentBread and roses
Prochain articleMerci pour le chocolat