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sur 5

Un naveton indépendant (labellisé Sundance si possible) et hello Hollywood ! C’est la devise choc adoptée par tout un tas de jeunes loups sans talent mais aux dents longues. Si cette transition peut s’avérer bénéfique (après l’insupportable Muriel’s wedding, Paul J. Hogan avait réalisé le très « mainstream » mais estimable Mariage de mon meilleur ami), le miracle ne fonctionne pas pour beaucoup de cinéastes. Ainsi, à la suite de son laborieux Johns sorti il y a deux semaines sur les écrans français, Scott Silver récidive pour le pire avec ce Mod squad de commande.
Inspiré d’une série télé des sixties, Mod squad met en scène Julie, Pete et Linc, un trio de jeunes délinquants qui, pour éviter la prison, a accepté de constituer une escouade policière marginale (sans flingues ni badges) s’infiltrant dans les milieux chauds qu’ils sont censés connaître. Lorsque le Capitaine Greer, qui les soutenait, est assassiné, les jeunots découvrent que certains flics corrompus sont à l’origine du meurtre. Mais les preuves sont difficiles à établir et leur vie est désormais en danger…

Après un générique Play-station sympathique, avec présentation rythmée et lapidaire des caractéristiques des héros, Mod squad ne tarde pas à provoquer l’ennui chez le spectateur le plus résistant. Personnages et interprètes fades, voire antipathiques (Giovanni Ribisi, nouveau bouffon du cinéma américain) ; situations sans surprises ; mise en scène à la traîne : rarement un film d’action produit par une Major aura été aussi peu divertissant, aussi peu mouvementé, efficace, calibré. Tout, dans Mod squad, est basé sur le mode du déceptif, sans que cela soit d’un quelconque intérêt. Les paroxysmes sont mous, les méchants transparents, les héros anti, et leur branchitude en retard de deux modes. S’il existe un savoir-faire hollywoodien, Scott Silver s’est bien gardé de l’appliquer…