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Horreur, le mélo catho n’est pas mort ! Prenez une quadragénaire un peu paumée, un mioche entre la vie et la mort et un bon vieux cureton, ajoutez quelques dialogues bien déchirants, une musique tire-larmes, et vous obtenez Lise et André, second long métrage de Denis Dercourt après Les Cachetonneurs. Mais reprenons dans l’ordre. Lise (Isabelle Candelier) élève seule son fils Bastien, merdeux de onze ans qui ne rêve que de ses nouvelles pompes jaune fluo. Heureusement, pour compenser, Bastien chante dans la chorale du père André (Michel Duchaussoy), ce qui ravit sa mère. Un soir, alors que Lise traîne avec son vieil amant pervers mais plein aux as (Jean-Christophe Bouvet, bien sûr), Bastien se fait renverser par une bagnole et tombe dans un coma profond. Lise est convaincue que seul un pèlerinage sur les terres d’une obscure Vierge miraculeuse réveillera son enfant. Mais pour cela, la présence du père André lui paraît nécessaire. Or, ce dernier, malade et aigri, se révèle rétif à ce genre d’aventures…

La suite, on la connaît. Lise et son curé finiront par prier ensemble, après de multiples conflits d’ordre théologique :
– Mais oui, père André, cette Vierge existe : au XVIe siècle, elle a fait pousser du blé pour sauver un village entier de la famine.
– Ta gueule vieille truie ! Je t’ai déjà dit que cette salope est le fruit de ton imagination, et qu’elle n’a jamais été reconnue par l’Eglise.
– Père André, père André, je vous en prie, aidez-môa. C’est pour Bastiieeenn…
Et l’impensable a lieu. Alors que retentissent les notes de l’Adagio pour cordes de Samuel Barber (ça, c’est original), Lise apprend que Bastien a repris connaissance. Du coup, elle court dans la campagne et rejoint, pleine de sanglots heureux, le père André, qui, Dieu soit loué, n’a pas encore rendu l’âme (il semblait agoniser quelques plans plus tôt). Lise et André peut s’achever, en toute sérénité. Amen.

Et nous dans tout ça ? Bien qu’on soit censé pleurer, on s’amuse plutôt de l’incongruité d’un tel film, qui pulvérise au passage les records putassiers de Dancer in the dark. Il faut dire que tout ou presque repose sur les épaules mastoc de la pauvre Isabelle Candelier, pas franchement crédible dans son rôle de bigote légèrement attardée. Avec un Duchaussoy, qui, comme à son habitude, en fait des tonnes, le couple d’acteurs et leur réalisateur parviennent tout de même à susciter le peu de compassion chrétienne qui nous reste : Jésus, ayez pitié de ces pécheurs qui pensent faire du cinéma et trouvez-leur vite un autre métier…

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